Le premier ministre Jean Charest pose pour une photo avec des étudiants à Shawinigan. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
MONTREAL - Le chef libéral Jean Charest a fait campagne sur le thème de la culture, mardi, pendant que la chef péquiste Pauline Marois présentait son programme en matière d'environnement et que l'adéquiste Mario Dumont y allait d'une suggestion pour éviter les dépassements de coûts dans les grands projets.
M. Charest a fait deux annonces distinctes qui visent à soutenir les artistes d'ici. D'une part, il s'engage à éliminer la TVQ de 7,5 pour cent sur les produits culturels québécois, qu'il s'agisse de CD, DVD, billets de spectacles, de cinéma ou de musée; d'autre part, il entend favoriser la production cinématographique en bonifiant l'enveloppe rendue disponible à la SODEC pour financer des films.
De plus, afin d'attirer davantage de tournages étrangers au Québec, les libéraux bonifieraient le crédit d'impôt offert aux producteurs, en le faisant passer de 29 à 35 pour cent.
L'élimination de la TVQ sur les produits culturels québécois, annoncée en matinée dans un centre commercial de Longueuil, privera le gouvernement de revenus de 50 millions $ par année.
"Il faut générer de l'activité économique et créer de l'emploi", a déclaré M. Charest.
Par exemple, lors de l'achat d'un album d'un chanteur québécois en vente à 20 $, le rabais de taxe à la caisse atteindrait environ 1,50 $. Il restera cependant à définir ce qu'est un produit culturel québécois et à préciser quel pourcentage minimal de contenu du Québec sera nécessaire pour que le rabais s'applique.
Dans certains cas, cela pourra s'avérer "compliqué" de trancher, a convenu M. Charest.
Mme Marois a pour sa part dit vouloir actualiser la réglementation environnementale et augmenter le nombre d'inspecteurs qui la feront respecter.
Lors d'une conférence de presse sur le site pressenti pour une future gare ferroviaire à L'Assomption, la chef péquiste a affirmé que la réglementation sur la qualité de l'air, qui date de 1979, doit être revue en profondeur, notamment pour faire en sorte que ses dispositions soient uniformes à travers la province.
"Actuellement, la ville de Montréal, l'île de Montréal, a un règlement qui est plus exigeant sur la qualité de l'air que ne l'est le règlement qui s'applique à l'ensemble des Québécois, a-t-elle déclaré. Ce sera révisé pour aller dans le sens de ce qui se fait de mieux."
Mme Marois a indiqué que son parti souhaite embaucher 40 inspecteurs supplémentaires, au ministère de l'Environnement, ce qui entraînera un coût supplémentaire de 2,5 millions $ par année.
Le PQ veut aussi augmenter à 12 pour cent le total des aires protégées, notamment dans le sud de la province.
Quant à M. Dumont, il a dit vouloir retirer des mains des politiciens les grands projets de plus de 100 millions $ dans le but d'éviter les dérapages et les dépassements de coûts.
La construction des hôpitaux universitaires de Montréal et de Québec, le prolongement du métro de Montréal, l'aménagement du siège social de la Caisse de dépôt et le fiasco immobilier de l'Îlot Voyageur de l'UQAM sont autant d'exemples de projets publics dont les coûts ont explosé parce qu'ils avaient été mal ficelés par les politiciens, fait-on valoir à l'ADQ.
"On ne veut plus de ça", a insisté M. Dumont, en conférence de presse devant l'Hôtel-Dieu de Québec. La facture pour la rénovation du vieil établissement dépassera les 630 millions $, 460 millions $ de plus que prévu en 2005.
Pour prévenir de pareils désastres à l'avenir, le chef adéquiste s'est engagé, s'il est porté au pouvoir, à confier chaque projet de plus de 100 millions $ à un comité "ad hoc" d'experts indépendants.
L'affaire Tout le monde en parle
Après la querelle sur la formule retenue pour le débat télévisé des chefs, voilà que M. Dumont refuse de participer à la populaire émission "Tout le monde en parle" parce qu'il estime que le traitement qui lui est réservé est inéquitable.
Le chef de l'ADQ estime que Jean Charest a bénéficié d'un traitement de faveur lors de son passage l'an dernier à l'émission. Pour sa part, le député de Rivière-du-Loup avait été durement éprouvé sur le plateau de l'émission lors de la campagne électorale de 2007.
En entrevue mardi matin dans une station radiophonique de Québec, M. Dumont a affirmé que les producteurs de "Tout le monde en parle" avaient accordé un traitement de faveur au chef libéral.
"J'ai été très déçu quand on a su après la dernière élection que le traitement avait été incroyablement inégal et que les publicitaires de Jean Charest avaient arrangé l'entrevue avant, que cela avait été préparé avant", a-t-il dit.
M. Charest a pour sa part nié en bloc les allégations du chef de l'ADQ.
"Je peux vous garantir une chose: quand je suis allé à l'émission, il n'y avait rien de préparé à l'avance. On ne connaît pas les questions, on ne connaît pas le format. On ne contrôle rien, mais strictement rien", a-t-il dit, ajoutant qu'il n'avait formulé aucune demande particulière pour accepter d'être interviewé par Guy A. Lepage.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne