QUEBEC - Sans nouvelle des autorités locales, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'inquiète du sort des deux diplomates canadiens disparus dimanche au Niger, pays de l'ouest africain.
Il y a "toujours lieu de s'inquiéter mais nous faisons tout ce que nous pouvons faire à cette étape-ci", a souligné le ministre Cannon, de passage à Québec, mercredi, à l'occasion d'une rencontre avec des diplomates étrangers.
Pour le moment, les autorités nigériennes sont incapables de fournir quelque information que ce soit sur les circonstances de la disparition des deux hommes, a poursuivi M. Cannon.
Le ministre s'est entretenu au cours des dernières heures avec des responsables des Nations unies, de même qu'avec son vis-à-vis du Niger, mais ces discussions n'ont pas permis d'élucider le mystère.
"J'ai l'intention de parler à nouveau avec les gens du Niger, a dit le ministre. À l'heure qu'il est, nous n'avons pas de nouveau dans ce dossier."
Robert Fowler et Louis Guay, deux anciens ambassadeurs du Canada sur le continent africain, n'ont pas donné signe de vie depuis dimanche alors qu'ils se trouvaient dans la zone de Karma, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale du Niger, Niamey.
Leur chauffeur, un ressortissant nigérien, est également introuvable.
Les deux hommes prenaient part à une mission des Nations unies visant à contrôler la circulation des armes illicites dans ce pays déchiré par des tensions interethniques.
Prudent, le ministère canadien des Affaires étrangères évite d'évoquer la thèse de l'enlèvement par des factions rebelles et se limite à parler de "disparition".
"Evidemment, nous constatons la disparition. Nos services travaillent en étroite collaboration avec les autres instances. Les gens sont réunis pour pouvoir faire ce travail et nous suivons le dossier de près", a relaté M. Cannon.
Le ministre a dit avoir aussi communiqué avec les familles des deux disparus afin de les assurer que le gouvernement canadien faisait tout en son pouvoir pour retrouver leurs proches.
Pays francophone de 13 millions d'habitants, le Niger est en proie à de fortes tensions civiles, en particulier dans le nord où une insurrection touarègue secoue la région depuis 2007.
En voie de désertification, sujet aux famines, le pays est incapable de subvenir aux besoins de sa population et s'en remet à l'aide internationale.
La vie y est extrêmement difficile. En 2005, le Niger se classait au dernier rang de l'Indicateur de développement humain (IDH) de l'ONU, qui mesure l'état d'avancement social de 177 pays.
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