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Le Parti vert devra élargir son discours s'il veut rejoindre les Québécois

Presse Canadienne Article mis en ligne le 5 novembre 2008 à 1:00
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MONTREAL - Tous s'entendent pour dire, tant les spécialistes que le chef du parti lui-même, que le message du Parti vert du Québec devra aller au-delà de la mission environnementale si le parti souhaite augmenter ses appuis lors de la prochaine campagne électorale.
Pour sortir de la marginalité, le chef Guy Rainville et son parti devront démontrer aux Québécois que le Parti vert du Québec (PVQ) a plus à offrir, notamment en économie, sujet qui risque de dominer la campagne électorale.
M. Rainville se prépare à diriger sa première campagne à la tête du PVQ, après avoir été élu chef en mars dernier avec 54 pour cent d'appuis contre Scott McKay. Il a admis qu'il devra "montrer que le parti est complet, crédible, avec des candidats qui pourraient être élus députés".
Des candidats, M. Rainville prévoit cette année en présenter dans chaque circonscription. Sur les 125 postes à combler, le parti a confirmé la présence au front d'environ 60 candidats, la veille du déclenchement de l'élection. Il a dans sa mire une trentaine de candidats potentiels et travaille encore à dénicher les 30 manquants. Le parti ne dénombrait pas non plus de candidat-vedette au sein de son équipe, mardi. "Mais on le souhaiterait...", a avoué M. Rainville. Lors l'élection de mars 2007, le PVQ avait présenté 108 candidats.
Outre l'environnement, fer de lance des verts, le chef du parti prévoit promouvoir son programme économique et parler de démocratie.
Sans grande surprise, M. Rainville réclamera également l'adoption d'un mode de scrutin proportionnel. Les résultats de la dernière élection ont laissé le Parti vert sur sa faim: même si la formation a fait un bond au suffrage universel de 0,44 pour cent en 2003 à 3,85 pour cent en 2007, cet appui n'a pas été suffisant pour lui valoir un député.
"Avec quatre pour cent des votes à la dernière élection, on aurait dû avoir cinq députés", a-t-il déploré.
Mais le mode de scrutin ne sera malheureusement pas le seul obstacle auquel devra faire face le Parti vert, selon le politologue Yves Bélanger.
L'handicap majeur des verts réside d'abord dans leur plate-forme. "Le message général du parti, autre que ses revendications environnementales, reste moins connu. C'est donc très difficile pour lui d'attirer l'attention et d'obtenir des votes. Au moment où on se parle, voter vert c'est surtout un vote d'opposition", a expliqué le professeur de politique canadienne et québécoise de l'UQAM.
Par ailleurs, la génération d'électeurs âgés de 18 à 30 ans, prête à faire de l'environnement sa priorité et qui pourrait donc offrir un réel soutien au Parti vert, n'est pas celle qui est la plus digne de confiance. Les résultats des sondages, qui accordent généralement entre 4 et 8 pour cent d'appuis aux verts, fondent souvent le jour du vote.
"La clientèle électorale du Parti vert est surtout composée de jeunes et ils ont tendance à ne pas se présenter quand vient le moment de se déplacer au bureau de vote", a expliqué le spécialiste.
Le leadership du chef sera également mis à l'épreuve, lui qui a été contesté par nul autre que l'ancien président du PVQ à la fin septembre.
Cinq mois après l'élection de M. Rainville comme chef du parti, le président du PVQ, Brian Gibb, a claqué la porte et présenté sa démission, affirmant que le chef n'avait ni les compétences ni l'expérience pour remplir ses fonctions.
Aujourd'hui, M. Rainville nie l'existence de tensions internes au sein de son parti et vante l'unité de son conseil exécutif. Néanmoins, le chef du parti est peu connu et, de son propre aveu, il n'a pas l'expérience d'une carrière en politique. Après s'être joint au parti en 2004, M. Rainville, qui travaille encore à titre de consultant en géothermie, a été élu conseiller à l'exécutif national du parti en mai 2006, puis vice-président en octobre 2007.
Se montrant optimiste, M. Rainville s'est dit confiant de remporter 8 pour cent d'appuis et des sièges à l'Assemblée nationale, le 8 décembre prochain.
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