OTTAWA - Les militants Québécois ne seront peut-être pas nombreux au congrès d'orientation du Parti conservateur qui s'ouvre jeudi à Winnipeg, mais le ministre du Revenu, Jean-Pierre Blackburn, promet qu'ils feront entendre leur voix et qu'ils s'opposeront aux résolutions "extrêmes".
D'après le ministre, les frais de participation au congrès, fixés à 850 $, sont trop élevés pour bon nombre de militants même s'ils sont déductibles d'impôt à titre de contribution au parti.
"Ce ne n'est pas un problème mineur. C'est un problème majeur pour les délégués qui veulent aller là-bas", a-t-il fait valoir, en entrevue à La Presse Canadienne.
De plus, en cette année électorale, plusieurs ont déjà donné le maximum permis à l'équipe Harper. Elections Canada limite en effet à 1100 $ par année les contributions à un parti politique et ce montant inclut l'inscription au congrès.
Par ailleurs, même si M. Blackburn n'en parle pas, il y a fort à parier que certains conservateurs sont engagés dans la campagne provinciale déclenchée par Jean Charest la semaine dernière.
Résultat: seules deux personnes de la circonscription de Jonquière-Alma iront au Manitoba. Chaque comté a pourtant droit d'envoyer 12 délégués au congrès. Et M. Blackburn s'attend à ce que le scénario soit le même dans d'autres régions du Québec.
L'ancien responsable du Développement économique assure toutefois que les délégués seront "extrêmement vigilants" quand les résolutions issues de la base seront débattues.
Plusieurs centaines de suggestions ont été transmises au Conseil national, qui dirige la formation politique. Les thèmes abordés vont de la protection des droits du foetus, à la réglementation des valeurs mobilières, en passant par le soutien à la recherche scientifique et la réforme du droit d'auteur.
La liste a été distribuée aux délégués il y a quelques jours à peine. Le président Don Plett a expliqué que la campagne électorale avait "considérablement" ralenti le travail des personnes chargées de faire le tri dans les propositions du caucus et des 308 circonscriptions.
M. Blackburn a admis qu'il n'avait pas encore pris connaissance de toutes les propositions. Il s'attend toutefois à ce qu'une grande variété d'opinions soient représentées.
"On est un peu le reflet de la société. Il y a des gens qui vont à l'extrême dans une opinion, d'autres qui vont à l'extrême dans l'autre opinion, il y a des gens plus nuancés, plus au centre", a-t-il insisté.
Il a ajouté qu'il serait donc important pour ceux qui seront présents, "de bien faire valoir notre point de vue comme Québécois là-bas". Le ministre a toutefois tenu à rappeler que le gouvernement n'était pas lié par les résolutions adoptées "par le parquet".
L'inverse est aussi vrai. Ainsi, plusieurs des initiatives phares du premier gouvernement Harper - dont la baisse de la TPS - n'avaient pas fait l'objet de débats en 2005.
Le congrès du week-end sera le premier en trois ans pour le Parti conservateur, né en 2003 de la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti progressiste conservateur. La dernière fois que les militants se sont réunis pour discuter des orientations à donner à la formation, c'était à Montréal en mars 2005.
Les commentateurs ne s'attendent cependant pas à ce que le rassemblement crée beaucoup de remous au sein du parti qui a remporté le 14 octobre dernier une deuxième victoire électorale consécutive.
Aucun vote de confiance envers Stephen Harper n'est prévu, puisqu'au sein de la formation, les exercices de ce type ne se tiennent habituellement qu'au lendemain d'une défaite.
Le premier ministre ne fera d'ailleurs qu'une brève visite à Winnipeg jeudi pour saluer ses troupes avant de s'envoler pour Washington où l'attendent le président américain George W. Bush et les autres leaders des pays du G20 qui participent à un sommet spécial sur la crise financière mondiale.
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