MONTREAL - Le Grand Prix du Canada 2009 étant mort et enterré et les perspectives d'un éventuel retour à Montréal n'ayant rien d'encourageant, les esprits se tournent vers un éventuel événement de remplacement.
Le hic, c'est qu'on imagine mal comment un autre événement pourrait générer des retombées économiques de 75 millions à 100 millions $, sans oublier les retombées fiscales de 25 millions $.
Michel Archambault, titulaire de la chaire de tourisme de l'Université du Québec à Montréal, souligne en entrevue que de 35 000 à 45 000 personnes de l'extérieur de la province s'amenaient dans la métropole pendant trois à quatre jours pour y assister.
"Et elles étaient à haute valeur ajoutée, c'est-à-dire qu'elles dépensaient en moyenne aux alentours de 2000 $ chacune, ajoute-t-il. C'est comme si vous aviez un immense congrès récurrent, qui se tenait année après année."
Il serait bien difficile de trouver un autre moyen d'attirer une clientèle aussi payante, estime-t-il, ajoutant que la Formule 1 est présente sur cinq continents et qu'elle attire quelque 300 millions de téléspectateurs.
On ne peut tout simplement pas remplacer un tel produit, d'après lui.
Il devient néanmoins impératif de développer de nouveaux projets structurants, récurrents et idéalement permanents, note le spécialiste de l'industrie tourisque.
M. Archambault se dit que c'est peut-être l'occasion de réfléchir à ce qu'on devrait faire à l'île Notre-Dame, et à la possibilité de permettre au Casino de Montréal de prendre un peu plus de place.
Il faudrait peut-être revenir sur le projet avorté de complexe récréo-touristique qui impliquait le Cirque du soleil, d'après lui, et l'adapter à l'île Notre-Dame.
"Est-ce que ce ne serait pas rentable sur tous les plans, se demande M. Archambault. C'est une île qui mérite d'être rafraîchie. Comme vous le savez, les canaux sont en train de se remplir et les Floralies ont déjà eu lieu là. On pourrait réinvestir à l'île Notre-Dame et permettre un certain développement au Casino, le principal acteur présent, tout en respectant l'environnement."
M. Archambault ignore si le Cirque du soleil pourrait être intéressé à se relancer dans cette aventure. "Mais je souhaiterais de tout mon coeur que le Cirque - quand même une multinationale du divertissement - considère cette possibilité."
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne