TORONTO - Des avocats bouillonnaient toujours de rage vendredi après avoir appris que le Service canadien du renseignement de sécurité écoutait les conversations téléphoniques qu'ils avaient avec leurs clients suspectés d'être des terroristes. Ils ont réclamé des réponses au gouvernement ainsi que l'assurance que cette pratique cesserait dans trois autres cas.
De plus, ils ont demandé de savoir rapidement comment le gouvernement planifiait détruire les enregistrements des appels déjà interceptés.
"Nous n'avons pas d'explication mais je n'arrêterai pas cela ici", a affirmé l'avocate Marlys Edwardh.
Mme Edwardh, qui représente Mohammad Mahjoub, a dit avoir été "sous le choc" lorsqu'elle a découvert que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) écoutait les conversations qu'elle avait avec son client.
L'information a coulé jeudi, lorsque la juge de la Cour fédérale, Carolyn Layden-Stevenson, a révélé une information obtenue par le biais d'un agent des services secrets qui avait épié une conversation téléphonique.
"Il y a encore 19 mois de communications interceptées dans le cadre de la lutte anti-terroriste, incluant nos communications, a ajouté l'avocate. Nous faisons que lancer notre première salve pour voir comment ils comptent extraire les conversations et les détruire sans les écouter".
M. Mahjoub est l'un des cinq musulmans étrangers qui fait l'objet d'un certificat de sécurité pour avoir représenté une menace à la sécurité publique. Quatre d'entre eux ont été relâché sous condition, dont celle d'accepter que leurs téléphones soient mis à l'écoute.
Malgré ce consentement, la confiance entre un avocat et son client est un droit constitutionnel que le gouvernement n'a pas le droit de violer, disent les avocats.
Mme Edwardh a demandé que cesse immédiatement la mise sous écoute de son client mais il n'était pas clair si cette ordonnance s'appliquerait au trois autres cas.
L'agence de sécurité n'a pas émis de commentaire à ce sujet vendredi.
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