La chef péquiste Pauline Marois et la candidate de Rouyn-Noranda-Temiscamingue Johanne Morasse parlent avec un leader syndical Daniel Chiasson. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
MONTREAL - Tout comme l'Action démocratique la veille, le Parti québécois a tenté jeudi de tirer profit d'une vague de ressentiment dans certaines régions forestières qui s'estiment lésées par le gouvernement Charest.
La chef péquiste Pauline Marois a choisi la ville de Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue, pour présenter les engagements de son parti en matière d'industrie forestière.
Elle y a rencontré des dirigeants et des employés de l'usine Tembec, dont l'approvisionnement en bois a été réduit de moitié alors que les autres usines du même secteur d'activité n'ont subi des baisses que de 20 pour cent.
Dans ce contexte de frustration parmi les travailleurs, Mme Marois a trouvé un terreau fertile pour attaquer les libéraux et parler de son projet de réforme du régime d'exploitation forestière.
"Il y a quelque chose sûrement qui arrive, où on discute dans le dos des gens, dans le dos des travailleurs et dans le dos des entreprises", a déclaré la chef péquiste lors d'une conférence de presse.
Elle a ainsi semblé accréditer la thèse d'employés de Tembec qui ont évoqué la possibilité que leur installation soit victime de discrimination parce qu'elle est située dans une circonscription péquiste.
"Je prends l'engagement que le régime forestier va être discuté et adopté en toute transparence et que l'attribution des contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier, ça ne se fera pas selon la couleur politique des gens", a-t-elle dit.
La veille, le chef adéquiste Mario Dumont avait abordé le thème de la foresterie suivant le même angle, dans la région de Portneuf, où se trouve l'usine d'AbitibiBowater de Donnacona. Cette usine située dans une circonscription adéquiste fermera ses portes et verra son approvisionnement en bois transféré à d'autres installations de la compagnie, avec l'accord du gouvernement Charest.
La colère des régions a d'ailleurs rejoint le chef libéral en plein coeur de la métropole, jeudi. Lors d'une conférence de presse sur le transport en commun à Montréal, Jean Charest a dit comprendre la frustration des travailleurs de l'usine de Donnacona, mais il n'a pas exprimé de regret quant à la façon dont le dossier a été géré par son gouvernement.
"On a fait, je pense, les efforts qu'on devait faire, a dit le chef libéral. Peut-être qu'on peut mieux communiquer, mais vous savez, en bout de ligne, on a fait des efforts et on va continuer à faire des efforts. Je comprends leur déception. C'est une déception qui est très sentie, mais nous on a des responsabilités."
A propos des allégations de favoritisme dans l'octroi des droits de coupe lancées par Mme Marois, Jean Charest a réagi en niant le tout.
"Mme Marois était à Senneterre, devant une usine Tembec qui a reçu le 1er octobre dernier une allocation de 60 000 mètres cubes (...) de bois pour rouvrir l'usine et la faire fonctionner", a-t-il dit.
Les péquistes ont "dilapidé la ressource forestière", a-t-il ajouté, pour indiquer que c'était là le vrai problème.
M. Charest se trouvait à la gare Lucien-L'Allier, au centre-ville de Montréal, où il s'est engagé à désengorger le centre-ville en augmentant la fréquence des trains de banlieue ainsi que le nombre de stationnements incitatifs s'il est réélu le 8 décembre.
Il a ainsi promis d'accroître l'offre de services de 230 nouveaux départs par semaine, en l'accompagnant de 10 000 nouveaux espaces de stationnement incitatif reliés au réseau de l'Agence métropolitaine de transport (AMT). Il n'a cependant pas donné d'échéance fixe pour réaliser ces engagements.
M. Charest s'est contenté d'annoncer ces deux mesures, sans donner de plan d'ensemble quant à ses engagements en matière de transport en commun ou de rendre public son plan d'action destiné à mieux soutenir la ville de Montréal. D'autres annonces viendront plus tard, a-t-il dit.
Quant à Mario Dumont, il a sonné le réveil des sympathisants adéquistes qui se sont laissés "endormir" par Jean Charest.
"Il y a (des) adéquistes qui ont besoin de se réveiller. Jean Charest a endormi tout le monde", a lancé le chef de l'Action démocratique au cours d'une série d'entrevues accordées à des stations radiophoniques du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où il a fait campagne toute la journée.
"Il y a des gens qui sont en refus de campagne électorale. Ils se disent: cette élection nous écoeure, nous aurions préféré ne pas l'avoir. Ils sont furieux contre Jean Charest, (mais là) il faut se dire: on est en élections et le 8 décembre sera un jour important pour les prochaines années", a dit M. Dumont, un peu plus tard à Alma, où il a promis 340 millions $ par année en allocations pour les aidants naturels.
Or, selon lui, l'élection de M. Charest à la tête d'un gouvernement libéral majoritaire serait un "cauchemar".
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