Le premier ministre Jean Charest. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
QUEBEC - Le gouvernement libéral va poser des gestes immédiats et concrets à la suite du dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, a promis mercredi le premier ministre Jean Charest.
Mais du même souffle, il a ignoré "la main tendue" du chef de l'opposition officielle Mario Dumont en faveur de la rédaction d'une constitution interne où seraient inscrites les valeurs fondamentales de la société québécoise.
"Ou bien on fait de la constitution ou bien on fait un plan d'action. Le choix que nous allons faire, c'est celui d'un plan d'action. C'est celui-là qui aura le plus d'impact et l'impact le plus immédiat", a lancé le premier ministre à l'Assemblée nationale, où libéraux et adéquistes se sont targués de placer la question des accommodements raisonnables au-dessus de leurs intérêts partisans respectifs.
Souvent critiqué ces dernières semaines pour son attentisme, sinon son inaction en regard des rapports qu'il a lui-même commandés, le gouvernement libéral entend cette fois prendre l'initiative dès le dépôt, jeudi, des conclusions de la commission Bouchard-Taylor.
"La population s'attend à ce qu'on bouge puis qu'on pose des gestes concrets, rapides", a dit M. Charest, s'engageant à défendre les valeurs "profondes" des Québécois que sont "la primauté du français, l'égalité femmes-hommes, (et) la séparation de l'Etat et de l'Eglise."
Pour cela cependant, le premier ministre ne juge nullement nécessaire de doter le Québec de sa constitution, comme le réclame l'ADQ.
L'élaboration d'un document de cette nature - une idée à laquelle souscrit aussi le Parti québécois - serait un exercice trop fastidieux, pense M. Charest.
"La voie constitutionnelle que propose maintenant l'opposition fusionnée, c'est quoi? C'est des années de débat. C'est une assemblée constituante. C'est des débats qui vont durer et durer. Ca va être un référendum, parce que je présume qu'ils ne proposeront pas la voie d'une constitution sans pour autant passer par un référendum", a argué M. Charest.
Sans lâcher prise, le chef de l'Action démocratique a soutenu que la rédaction d'une constitution enverrait un message très clair aux nouveaux arrivants, en plus de tirer une ligne très nette entre les droits et responsabilités de chacun.
Pour définir les nouvelles bases constitutionnelles québécoises, M. Dumont suggère une démarche politique non partisane, dans laquelle seraient engagés les trois partis représentés à l'Assemblée nationale.
"Est-ce qu'il saisit la main que je lui tends, aujourd'hui, pour que les trois formations travaillent ensemble pour donner au Québec une constitution interne?", a insisté le député de Rivière-du-Loup, avant d'essuyer un refus de la part du premier ministre.
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