Les grands gagnants du Concours de la relève 2007, le groupe Eko! (Jérémie Flynn, Geneviève Morasse, François Larivière et Xavier Lalande-Devine) entourent le coup de cœur du jury Geneviève Roberge et l'auteur-compositeur-interprète Guillaume Guilbeault, qui a terminé deuxième. (Photo: Patrick Voyer)
Le groupe Eko!, Guillaume Guilbeault et Geneviève Roberge ravissent les juges!
Les gagnants du Concours de la relève 2007 ont des styles aux antipodes et ont dû se battre comme des beaux diables pour ravir les juges, qui auront sûrement besoin de cachets pour le mal de tête avant d'aller faire dodo…
La cuvée de cette année était une des plus relevées des cinq années du Concours. De cette impressionnante liste se sont extirpés le groupe folklorique Eko! (quatuor provenant de Gatineau et Chelsea) et leur interprétation personnelle du Repos du guerrier de Mes Aïeux, Guillaume Guilbeault (Saint-Alexandre) et sa romantique composition Nulle part ailleurs, ainsi que le coup de cœur surprise des juges, la jeune de 13 ans de Saint-Joseph, Geneviève Roberge, qui a prêté sa jolie voix aux notes de Zachary Richard.
Eva Avila a surpris la foule et l'animateur décontenancé par la délibération du jury avec cette récompense non-prévue. Nul doute que ses confrères et sa consœur du jury ont été frappés de l'authenticité qu'elle a donnée à Au bord du lac Bijou!
«Au moins, même si j'ai pas gagné, moi je suis contente!, a-t-elle avoué peu après le spectacle. L'important est que je sois allée chercher le monde avec ma toune…» Geneviève est tombée en amour avec ce succès de Zachary lorsqu'elle l'a entendu en Acadie, où jouait justement la troupe Ode à l'Acadie.
Nulle part ailleurs suit Guillaume Guilbeault depuis quelque temps déjà; cette création conçue pour piano a été relookée ce soir grâce au concours d'Éric Sauvé et ses musiciens. «Avec un band, c'était la première fois, indique le jeune homme vêtu de blanc. Ça donnait une autre construction, surtout en deuxième partie. C'est certain que c'est plus personnel de faire une toune tout seul, mais je voulais explorer autre chose.»
Sa pièce a été écrite pour une demoiselle, mais depuis sa naissance, elle a été généralisée pour que tous les amoureux présents et futurs puissent se l'approprier. Guillaume traite des efforts que l'on doit déployer pour que les cœurs continuent de battre dans le couple, notamment au début quand ils sont parfois séparés par le destin… ou les erreurs!
Sept mois ensemble et déjà couronnés!
La formation Eko! répète depuis seulement sept mois, mais leur chimie est fort efficace malgré cela. Quand ils sont sur scène, Mes Aïeux, leur inspiration principale, semblent parachutés devant nos oreilles tellement ils enivrent de leurs airs festifs.
Le public a été rapidement conquis par les quatre multi-instrumentalistes du groupe, qui d'ailleurs ne s'attendaient certes pas à l'emporter devant cette marée de talents. «C'est cool! Je le réalise pas encore, je suis sous le choc. Je suis content d'avoir gagné, parce qu'on avait fait un autre concours (la Soirée d'Alex) et on n'avait pas gagné. Alors par orgueil…», ironise Xavier Lalande-Devine, qui a assuré la basse ce soir.
«On pensait pas gagner avec tout le talent qu'il y avait. On s'est dit 'On n'est pas si hot que ça», renchérit le guitariste François Larivière, qui pense que Eko! va se rendre loin…
«C'était super comme soirée, y'a tellement de talents là-dans!», lance Geneviève Morasse, qui manie joyeusement le violon. Selon elle, la folie du folklore s'empare de la population et, même si Eko! réalise des cover depuis ses débuts, la formation a une saveur unique dans ce style. «Ça bouge, ça a du rythme, c'est différent, ça fait embarquer le monde», ajoute-t-elle.
«Quand on a commencé, on faisait des cover, poursuit le percussionniste Jérémie Flynn, mais là, on va faire nos propres chansons et c'est différent. On utilise d'autres instruments (accordéon, piano).» Les gens pourront s'en rendre compte cet été, car Eko! se produira deux fois en plein air, dont une fois à Chelsea.
«Y'a quelque chose qui se dégage de nous, les gens sont pas capables de dire quoi!, de dire Jérémie. On fait du folklore, mais on met notre petite touche Eko!, notre point d'exclamation!», conclut-il sous les approbations amusées de ses potes.