Ouvrez les yeux pour dénoncer la prostitution
Les citoyens de Gatineau sont invités à ouvrir les yeux et à dénoncer toute sollicitation sexuelle dans les rues de leur quartier, particulièrement dans l'île de Hull.
Les policiers de Gatineau ont lancé jeudi matin l'Opération Cyclope qui vise à éliminer la sollicitation et le harcèlement sexuel dérangeant dans les rues de Gatineau. Cette opération s'adresse à la prostitution de rue, puisque c'est ce qui est vu comme dérangeante pour les résidents du quartier.
Et c'est principalement l'île de Hull qui est visée par cette campagne, lieu reconnu pour être le centre de la prostitution dans Gatineau. C'est dans ce secteur que sera distribué le dépliant expliquant la campagne du Service de police. Par contre, les policiers traiteront les rapports d'observation venant de tous les secteurs.
Avec cette campagne, les policiers demandent aux citoyens d'ouvrir leurs yeux. Lorsqu'ils sont témoins de prostitution, ils sont invités à remplir un rapport d'observation et à l'acheminer aux policiers qui entreprendront une enquête.
Ce rapport, disponible sur le site Internet de la ville de Gatineau, n'est pas anonyme, mais les policiers affirment que le traitement de l'information sera anonyme. Les témoins doivent aussi remplir complètement la fiche qui demande, entre autres, une description du véhicule et de la plaque d'immatriculation et une description complète du client. Les formulaires incomplets seront tout de même reçus, pour arriver à faire des liens avec d'autres formulaires.
«Nous souhaitons rendre une certaine qualité de vie aux résidents de ces secteurs, affirme le capitaine Roger Cloutier du service de police de Gatineau. On souhaite aussi rehausser le sentiment de sécurité dans ces quartiers.»
Outre les résidents, les policiers entendent aussi faire de la prévention auprès des clients. Lors d'une enquête, les policiers rencontreront les clients et leur parleront des conséquences sur la santé, sur la vie familiale, sur le travail, de même que l'impact d'un dossier criminel.
Ce projet vient de Montréal où il est implanté depuis quelques années. À Montréal, les policiers ont obtenu 700 dénonciations en 2002 avec un taux de récidive de 1%. En 2006, le nombre de dénonciation avait diminué à 370 avec un taux de récidive de 1.5%.