Louis-José Houde est un gars très sociable. La preuve: il cultive sa conscience verte en jasant avec les plantes! (Photo: Patrick Voyer)
La «parade gaie» de Louis-José Houde
l’humoriste s’installe au Cégep de l’Outaouais du 6 juillet au 8 septembre
Non, Louis-José Houde n’est pas certifié Schizo 9002, il est certifié «accroc à la scène 2007». Après plus de 80 tours de piste de rodage de son nouveau show Suivre la parade, il piétinera les planches et les rates de l’Outaouais cet été.
Une quantité d’idées germent quand on décortique ce titre, Suivre la parade. «Ce n’est pas dans le sens d’être un mouton, assure L-J. Ce n’est pas très loin, mais ce n’est pas ça. La ‘parade’ représente le courant du quotidien, le flot de choses qu’on a à accomplir, le fait qu’on ait à composer avec des événements négatifs et positifs. Il faut que tu t’organises pour suivre le train.»
L’humoriste avoue que sa locomotive a tendance à dérailler, à l’instar de la majorité des gens… «Par moments, oui, car ma vie professionnelle me demande beaucoup de temps et c’est difficile de balancer avec ma vie personnelle…»
Mais il n’est pas là pour faire la morale ou pour questionner le bien-fondé des choix que nous faisons. Le but est de trouver le bon échangeur pour que le train continue sa route sans trop brasser ses voyageurs…
Louis-José se fait peu bavard sur le contenu de ce deuxième show. Ce n’est désormais plus un secret pour personne, un des numéros-phares concerne son chaotique voyage dans le Sud… «Il y a plus de trucs qui sont arrivés pour vrai, parce que c’est le fun quand tu te rends compte que d’autres ont vécu la même chose que toi», lance-t-il.
Selon lui, ce caractère plus personnel va faire mieux vieillir le spectacle, car il ne se tanne pas de raconter ses «prouesses». D’ailleurs, L-J n’est pas seulement un mauvais voyageur, il a les mains pleines de pouces dans d’autres domaines! À l’aide d’anecdotes simples qui rejoignent tout le monde, il se paie sa propre tête et la nôtre par la bande…
«Chaque numéro existe parce que chaque histoire finit mal», ironise L-J. Le contenu est comique par contre, laissez vos mouchoirs à la maison. Quoique…
Le jeune trentenaire offre aussi quelques pointes politiques, une sphère qui l’intéresse plus «depuis qu’il prend de l’âge». Il s’attarde davantage sur les réalités et les termes politiques que sur les partis, qui ont tendance à se fondre et se confondre les uns dans les autres!
Un deuxième numéro sur l’histoire de la politique québécoise pourrait voir le jour cet été, mais L-J ne sait pas encore s’il aura le temps de le peaufiner.
Bref, il a repris les forces tirées de sa création initiale (aussi mise en scène par Joseph St-Gelais) et les a améliorées. «J’invite les gens qui n’ont pas vu mon premier spectacle parce qu’ils me trouvaient trop énervé. Et, même ça, c’est surfait, c’est exagéré…», tranche-t-il concernant les «rumeurs d’hyperactivité chronique» qui ont toujours couru sur lui!
Y’a rien comme l’expérience…
Avant de présenter son premier «one man show» joué à 500 reprises, l’humoriste avait quatre ans de scène dans les jambes. Des petites salles, des partys étudiants, des ronds de fumée de bar, des promontoires de fortune, pas de grandes salles comme il n’a cessé de remplir par la suite! Commencer en bas de l’échelle est ce qu’il a toujours préconisé.
«C’est peut-être plate, mais faut travailler le plus possible. Écrire et prendre de l’expérience sur scène, faire des choses dans des conditions qui ne sont pas nécessairement rockstar. Il faut tester et re-tester, ne pas s’asseoir. Il ne faut pas provoquer son style, faut se laisser aller, évoluer. Moi, après 10 ans, je me développe encore», précise-t-il.
Il adore retourner dans les bars ou les écoles pour roder son matériel: ça casse la routine et ça lui permet de demeurer sur Terre. C’est exactement ce qu’il a fait le 15 mai lors du Gala de l’Étudiant Outaouais avec une prestation surprise de 45 minutes! Et dire que ce n’était qu’une des 80 sorties «discrètes», non publicisées, qu’il a réalisées durant deux ans… «C’est le fun, l’accueil est super trippant et il y a toujours un risque…»
J’aime, j’aime pas
Qu’est-ce que Louis-José apprécie et trouve fatiguant dans son métier?
«J’aime le début d’un show, quand je commence la veillée, l’énergie. J’aime les entrevues, la télé, la radio, je suis à l’aise de rencontrer les gens après le show, de répéter le même texte à tous les soirs.»
Parlez-lui de tournée, mais pas de valises… «J’aime la vie de route, mais je déteste toujours chercher mes affaires dans mon sac. J’ai toujours les deux bras dans un tas de linge. La tournée est pas encore commencée que je suis déjà à bout!», s’exclame l’humoriste, découragé.
«Aussi, t’entends parfois des histoires sur toi qui sont tellement exagérées! Par exemple, si je suis dans un restaurant et que je fais tomber ma fourchette, le mari va compter ça à sa femme le soir. Mais c’est alors plus intéressant de dire que j’ai laissé tomber mon assiette! Là, la femme va raconter au travail le lendemain que j’ai mis le feu aux chaudrons dans la cuisine…»
Des supplémentaires ont été ajoutées à tous les jeudis du mois d’août (en vente lundi). Billets: 613 755-1111.