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Les «kinosiologues» d'Actum Imago propagent leur folie

Les Gatinois participeront à deux importants concours de courts-métrages

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 4 juin 2007 à 14:29
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Actum Imago parlent de leurs deux films qui seront en compétition cet été, «El grippe del Terror» et «L'invité».
Les «kinosiologues» d'Actum Imago propagent leur folie
Les Gatinois participeront à deux importants concours de courts-métrages
Ils font des films kino ensemble depuis cinq ans, ont permis à plus de 200 acteurs amateurs bénévoles ou scénaristes de se faire connaître et pourraient bien remporter leur première récompense cet été aux festivals Fantasia à Montréal et Vitesse Lumière à Québec.
Martin Bruyère, Pascal Arcand et Fred Pierre voyageront donc pas mal durant la saison estivale. Habitués de toute manière à nager dans des eaux inconnus dans leur cerveau, les gars espèrent qu'ils auront une raison de plus de faire le party! Actum Imago sera d'ailleurs le seul représentant de l'Outaouais lors des deux événements.

Deux de leurs films ont été sélectionnés pour les festivals, deux scénarios de fou qui plongent encore une fois au cœur de l'horreur, leur sujet de prédilection. Ils ont bien quelques courts-métrages «humanistes» à leur actif, dont le populaire Le gout du monde qui traite de racisme, mais la majorité de leurs créations tournent autour de la science-fiction et des «frissons».

El grippe del terrore et L'invité seront en compétition officielle le 9 juin à Québec et à la mi-juillet à Montréal.

Le premier est inspiré d'un bien ennuyant virus… Martin Bruyère a pensé que le meilleur moyen d'enrayer la vague de grippe était d'en faire un kino! Le résultat est un film tourné en pseudo-espagnol sous-titré en français, dont quelques scènes «verdâtres» s'apparentent à L'exorciste. Un synopsis complètement dingue, croit son collègue Pascal, preuve que le terme colle à Actum Imago…

Quant à L'invité, il a été écrit par Marie-Hélène Dubé qui, grâce à ce film d'horreur, a pu entrer dans une réputée école de scénarisation de la métropole. «Dominic Arpin (journaliste montréalais) en a parlé de ce film-là et il a même joué dedans!, souligne Martin. Ça traite de couch surfing, un nouveau procédé.»

Et tout un! Les gens vont un site Internet dédié à ce phénomène et peuvent soit s'inscrire ou se magasiner un sofa pour la nuit. Le couch surfing ressemble à l'échange de maison entre particuliers, mais est réduit au «sofa-motel». Les gens couchent chez de parfaits étrangers pendant que les propriétaires sont sur les lieux…

«On voulait montrer ce qui pouvait arriver si un tueur faisait du couch surfing», explique Fred avant de préciser que le scénario n'est pas conçu pour effrayer. Non, car notre tueur va se ramasser dans une famille de tueurs et sera ainsi pris à son propre piège! C'est là qu'on reconnaît la touche Actum Imago…
Du fun avant tout
Les membres d'Actum Imago ont déjà participé à Fantasia, mais pas à Vitesse Lumière, qui fête ses neuf ans cette année. Ils savent donc un peu à quoi s'attendre, mais ne partent qu'avec une seule idée en tête. «On s'en va là pour faire le party, avoue Martin. On part avec une grosse gang de cinéastes amateurs de la région qui viennent nous encourager!»
Le mouvement kino est décidément une histoire de «famille»! Les plateaux de tournage variés du groupe ne sont pas une mini-armée. Les réalisateurs et cinéastes arrivent avec leurs idées, mais Fred estime que c'est une ambiance de partage qui contribue à les garder bien «vivaces»! «C'est très spécial parfois, lance Fred en riant. Mais c'est très bon, certains films pourraient être présentés dans des festivals, mais ils ne courent pas après les prix.»

Et les sujets sont aléatoires, n'allons pas croire que les «kinosiologues» s'enfargent dans les fleurs du tapis. «Certains arrivent avec des sujets d'actualité, vieux ou non, mais il faut que ce soit bien fait, nuance Pascal. Mais au kino, il n'y en a pas vraiment qui arrivent avec des idées d'actualité à chaque mois.»

Surtout que, tel que l'assure Fred, Actum Imago a failli rater son premier rendez-vous mensuel en avril en concoctant son film trois jours avant la date limite! Dans ces cas-là, l'imagination est aussi bien de se pointer, sinon, couic!

La rigueur et la dévotion de tous est alors primordiale. Les gars remercient les nombreux comédiens-bénévoles (ils les estiment à 200) qui les ont épaulés depuis le début malgré les accrochages et dérapages. «Sans eux, on ne serait pas ce qu'on est aujourd'hui», admet Martin. «Leur bonbon c'est de voir le produit final, de se voir dans des festivals comme ça», ajoute Fred.

Paraît-il que plusieurs jeunes participants ont complètement réorienté leurs études après avoir plongé dans la bulle d'Actum Imago. Ils ont compris que la vie n'était pas un long fleuve tranquille et qu'on pouvait déconner tout en prenant son existence au sérieux et en produisant des pellicules de qualité.

Pour tous ces baumes que le kino posent sur le conformisme, on ne peut que prédire un avenir positif pour Actum Imago. «On n'est pas près de disparaître!», conclut Pascal.

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