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(Ré)insertion sous la serre!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 27 juin 2007 à 11:53
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(Ré)insertion sous la serre!
Les bénéficiaires qui travaillent aux Serres de l’Outaouais sont des gens souriants qui n’ont pas peur de bûcher dur pour alimenter leur dignité! (Photo: Patrick Voyer)
(Ré)insertion sous la serre!
Les personnes atteintes de déficience intellectuelle qui bossent aux Serres de l’Outaouais ne sont pas sur une île déserte desséchée dans le secteur Buckingham: leur réinsertion sociale est une partie de plaisir au beau milieu d’une serre chaude et invitante où tomates et légumes divers sont menés à maturité avec passion.
Les Serres ont été fondées il y a près de dix ans par le Pavillon du Parc, qui aide déjà des centaines d’usagers dans divers centres ou organismes de l’Outaouais. Une coopérative de solidarité a été instaurée l’automne dernier pour que les Serres, sises sur la rue Dollard, puissent pousser de leurs propres racines. Une quinzaine de personnes âgées entre 18 et 55 ans y gravitent donc à temps plein dorénavant!

«Avant, le Pavillon gérait tout, les recettes allaient au Pavillon et si on demandait du nouveau matériel, ça prenait des mois, confie en souriant le directeur de production Guillaume Venne. Maintenant, on gère tout, on vend les produits et on achète nos trucs.»

Avec cette flexibilité dans l’«avoir et l’être», les Serres de l’Outaouais ont littéralement explosé: la culture des fruits et légumes a triplé, les équipements et structures sont de qualité et l’ambiance est très agréable! Et les idées ne cessent de germer au sein du conseil d’administration composé de travailleurs, de gens de l’extérieur et de représentants du Pavillon.

«Au prochain c.a., on veut faire passer une résolution pour ouvrir le samedi et changer les horaires du jeudi et du vendredi», explique Guillaume. Ainsi, les clients pourront venir magasiner plus tard. Déjà que les Serres tiennent un stand à tous les jeudis dans le Vieux-Hull, la vitrine de la coopérative s’agrandirait considérablement!

Oui, l’avenir est rose pour la coop. Non seulement peut-elle compter sur un agronome pour s’assurer que la production va bien, mais on pense à rajouter du personnel pour vendre les délicieux trésors qui se font dorer dans les humides demi-lunes…
Se sentir utile
«Les personnes ayant une déficience intellectuelle sont assez fonctionnelles, mais pas suffisamment pour être considérées ‘compétentes’ sur le marché du travail, affirme Guillaume Venne. Parfois, ils sortent de l’école à 23 ans, n’ont jamais travaillé, et se retrouvent catapulté sur le marché de l’emploi ultra compétitif, avec des patrons exigeants… »
«Ici, ils sont en transition, ils apprennent à se comporter. Ils ne sont pas habitués de recevoir des directives! Nous ne voulons pas produire des supers employés perfectionnés en serre, mais ils développent des habiletés. En plus, on leur remet une allocation aux deux semaines. Bon, c’est plutôt symbolique, mais pour eux, c’est une fierté de travailler à temps plein à quelque part», poursuit Guillaume.

Qu’ils cueillent, installent les tuteurs, qu’ils transplantent ou posent des supports à grappe, les usagers des Serres de l’Outaouais surprennent par leurs initiatives et leur ingéniosité.

Guillaume Venne consent que la réinsertion sociale peut se réaliser dans un endroit comme les Serres. «Ils se comprennent, se rejoignent, s’apprennent des choses. Quand ils sont dans le monde du travail standard, avec le stress et tout, ils sont souvent laissés pour compte. Et s’ils font une gaffe, qu’ils ne feraient pas s’ils n’étaient pas déficients intellectuels, ils sont se font taper dessus!»

Avec l’organisation du travail qui prévaut aux Serres, le conseiller au Pavillon du Parc, Daniel Plante, est heureux de dire que la coopérative est aussi rentable qu’un producteur de serre conventionnel. «Et le plus beau dans tout ça, c’est que les travailleurs se sont adaptés à ce rythme…»

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