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Élections scolaires: quand cela changera-t-il enfin!?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 3 juillet 2007 à 17:04
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Élections scolaires: quand cela changera-t-il enfin!?
Les élections scolaires attireront-elles plus de fans cette année?! La Fédération des commissions scolaires s'arrachera-t-elle une fois encore les cheveux?
Élections scolaires: quand cela changera-t-il enfin!?
C’est décidé: les élections scolaires auront lieu le 4 novembre en pleine dépression automnale. De quoi faire frémir d’envie…
Pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’univers des élections scolaires, sachez ceci: c’est l’équivalent des élections provinciales, mais avec 50% à 60% de moins de taux de participation. Cela veut dire qu’à peine une personne sur dix vote pour que les gosses du quartier et leurs parents soient bien représentés. Gageons d’ailleurs que la grosse part de ce 8-9% est mangée par des parents…

Pour augmenter ce risible pourcentage, la Fédération des commissions scolaires du Québec a fait ses devoirs: comme l’écrivait dernièrement mon collègue Yannick Boursier, «…la FCSQ souhaitait qu'il y ait un changement à la loi pour permettre que les élections scolaires se fassent en même temps que les élections municipales, ce qui aurait retardé les prochaines élections à novembre 2009». Pas fou, pas fou du tout. Surtout que ça nous aurait évité de sortir deux fois et de dépenser inutilement de l’argent pour organiser deux journées identiques.

S’insurgeant de cette idée, l’Union des municipalités a rétorqué que de mixer les deux élections aurait mêlé les gens et brouillé les idées aux dépends du débat municipal. Mêler les gens? Ils ne votent pas aux élections scolaires car ils sont justement dans le brouillard: «Est-ce important, chéri?» «Oui, mais notre émission commence, on doit aller faire l’épicerie et j’ai eu une journée de cul…» «Oui, mais... c'est pour les enfants!» «Et alors? Ça bouffe quoi en hiver un conseil des commissaires?»

Comment le débat sur les municipalités pourrait-il être détourné par un débat qui n’existe pas, celui du monde scolaire où le taux de participation avoisine les 10% quand ça va bien. Quelqu’un a levé sa main… le poing?

Là, vous vous demandez sûrement avec votre curiosité de maringouin affamé ce que le gouvernement pense de ça? Eh bien voilà: mon collègue récrivait que «la discussion n’a jamais eu lieu. Pour changer la loi, les trois partis devaient voter de façon unanime. Le Parti libéral et le Parti québécois s'étaient montrés ouverts à accepter ce changement, mais l'ADQ refusait.» Surprenant d’abord… (Ah, vous ne saviez pas que les membres de l’ADQ font des boutons quand ils entendent les mots «commission scolaire»?)

Le président de la FCSQ, André Caron, devait jaser de ça avec l’ADQ, mais on lui a coupé le sifflet assez raide en annulant la rencontre. Alors la Fédération se rend compte de deux choses: il faudra prier et informer davantage la population pour que le pourcentage de participation joue à l’élastique sans briser et… l’ADQ sera toujours en guerre contre les commissions scolaires. Si on se fie à cette opinion, cela veut dire que si les structures bureaucratiques scolaires ne disparaissent pas de la carte, le problème s’éternisera. Radical.

***

Où en sommes-nous? À la case départ. On stagne à cause de règles trop rigides (pourquoi la loi n’aurait-elle pas pu être changée grâce à la majorité (2 partis sur 3) comme la démocratie le dicte?), on patauge en attendant les prochaines élections et on perd des années. Qui en paye le prix? Nous tous.

Quoi? Vous vous contrefoutez de savoir qui tire les ficelles des écoles de votre quartier en rangées? C’est votre droit. Sauf que si vous en avez gros sur le cœur un jour concernant le transport, la sécurité ou la manière dont votre enfant est institutionnalisé dans sa classe, votre meilleur ami sera alors votre commissaire scolaire.

Vous n’avez pas d’enfant? Votre camelot qui vous jette votre journal dans la boue déteste peut-être son prof, son directeur ou la manière dont l’établissement qu’il fréquente est géré… S’il avait eu votre soutien, peut-être serait-il plus heureux et vous aussi par le fait même… Bon d’accord, ça n’a pas grand sens, mais tant qu’à participer à hauteur de 10%, vaut mieux s’en tirer avec un petit mal de rate.

Quand on y pense bien, le vote aux élections scolaires est aussi, sinon plus important que celui aux élections municipales. Pourquoi? Car c’est votre voisinage, vos enfants, vos écoles, votre image, votre futur… Combien de sceptiques-sarcastiques se plaignent que leur vote à l’échelle nationale ne donne rien, que c’est un grain de sable sur une plage de mépris?

Songez maintenant au poids que votre voix a aux élections scolaires, comparativement aux millions de personnes qui cochent leur √ sur leur bulletin de vote. Ne vous leurrez pas, les deux élections sont aussi capitales les unes que les autres…

Seulement, elles sont réunies sous l’immortel concept de «deux poids deux mesures». David contre Goliath, l’encyclopédique contre le nèfle. Et ça, l’UMQ et l’ADQ s’en balancent à l’heure qu’il est.

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