Une odeur de carburant…qui donne faim! (Photo: Dominique Poirier)
Des patates frites qui font rouler…
Lors de son entrée au programme de lancement d’une entreprise à Compétences Outaouais, Tomy Ouellette savait exactement le chemin à suivre… celui du biodiesel.
Transformer l’huile utilisée dans les restaurants pour fabriquer un carburant à voiture, et rendre le tout accessible aux gens de l’Outaouais, voilà l’objectif que s’est fixé Tomy.
Fort d’un diplôme en poche et d’une subvention de 5000$ accordée par le Fonds régional d’investissement jeunesse (FRIJ), Tomy a pu finalement se louer un local pour aménager tout l’équipement requis pour démarrer le projet.
C’est lors d’un voyage en Colombie-Britannique il y a quatre ans que le jeune entrepreneur a pris connaissance de l’existence du biodiesel. Mais sa conscience environnementale date de beaucoup plus tôt. Les vapeurs qui émanaient de la mine Noranda, paysage de son enfance passée en Abitibi, l’ont marqué très jeune.
Curieux d’en connaître davantage sur le biodiesel, il a fait plusieurs recherches, surtout grâce à Internet, avant qu’un autre pro-environnementaliste lui enseigne toutes les connaissances requises pour produire son propre biodiesel.
Faut dire que les contacts étaient là. «Je travaille depuis toujours avec mon père dans le nettoyage de restaurants, explique-t-il. J’ai cliqué tout de suite que j’avais tous les contacts!» Les restaurateurs, qui habituellement doivent payer pour se débarrasser de leurs huiles usées, sont souvent contents d’apprendre que quelqu’un est prêt à les débarrasser de ces huiles, et ce, gratuitement!
Mais le travail ne s’arrête pas là. L’huile, de préférence végétale, prend ensuite le chemin de l’entrepôt, où elle sera pompée, filtrée et chauffée, avant que ne soient ajoutés des cristaux de soude et du méthanol, dont le travail sera d’enlever la glycérine dans l’huile. Cette glycérine pourra d’ailleurs ensuite être utilisée pour fabriquer du savon.
«J’ai toujours voulu faire quelque chose pour la terre, pour l’environnement», admet Tomy. L’idée de dépendance, celle des pays envers l’Irak et autres nations productrices de pétrole, le révolte aussi.
C’est pourquoi il n’a pas l’intention de se contenter de vendre du biodiesel. «En achetant ici, les gens sont encore dépendants de moi. Pas de l’Irak ou d’ailleurs, mais encore de quelqu’un.»
Pour régler cette lacune, il proposera éventuellement des kits, qui, selon ses dires, «n’importe qui d’un peu manuel peut installer!», et qui permettra à quiconque d’aller remplir sa voiture, à condition qu’elle soit diesel bien sûr, au restaurant!
Tomy favorise l’utilisation de l’huile végétale, entre autres parce qu’elle a tendance à demeurer plus stable, même à basse température. Et l’hiver québécois étant ce qu’il est, vaut mieux mettre toutes les chances de son côté! Quoi qu’il en soit, quand la température descend sous la barre des -10 degrés Celsius, il est recommandé de remplir sa voiture avec une moitié de biodiesel et une moitié de diesel régulier.
Une alternative qui va sans doute changer les habitudes de bien des gens, d’autant plus que, selon les dires de Tomy, le biodiesel polluerait 75% moins que l’essence normale.
L’entrepôt est à l’heure actuelle encore désuet et le jeune entrepreneur doit encore se procurer quelques morceaux d’équipements, et quelques permis, pour que le biodiesel soit accessible au public. Qu’importe, avec la détermination et la débrouillardise qui se voient dans ses yeux, il n’y a pas de doute qu’il fera tout en son pouvoir pour y arriver!
Un projet à suivre…