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Protégeons nos morts!

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
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Article mis en ligne le 14 juillet 2007 à 0:01
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Protégeons nos morts!
L’ancienne église anglicane St-James sur la Promenade du Portage et le cimetière de cette ancienne paroisse, situé sur le boulevard Taché, pourraient être vendus. Ce sont deux bijoux du patrimoine de la région et ils sont menacés. C’est étonnant de penser qu’un cimetière pourrait être déplacé, mais sans protection, ce n’est pas impossible. L’église non plus n’est pas protégée. Il faut agir vite pour préserver ces joyaux de notre patrimoine, un patrimoine qui a été trop souvent massacré. La chose à faire? La Société d’histoire de l’Outaouais demande à la Ville de Gatineau de « citer » les deux endroits, ce qui leur assurerait une certaine protection en vertu de la loi.


Petite histoire du cimetière

C’est l’un des premiers cimetières de l’Outaouais dont les plus vieilles sépultures remontent à 1820. Il abrite des personnages aussi illustres que Philemon Wright et son épouse ainsi que John Scott, le premier maire d’Ottawa, Robert Bell, le premier propriétaire du Ottawa Citizen (à l’origine appelé le Bytown Gazette) et même un dénommé Reuben Traveller, un ancien matelot qui avait participé en 1805 à la bataille de Trafalgar ou l’amiral Nelson avait battu la marine de Napoléon. On y retrouve également plusieurs pionniers de la région nés au 17e siècle, à Woburn, au Massachusetts (lieu d’origine de la famille Wright). Certains monuments du cimetière sont de véritables œuvres d’art qu’il faut aussi préserver. Des gens affirment aussi que, pendant la crise, des défunts y auraient été enterrés clandestinement.

Le cimetière constitue presque des archives à ciel ouvert. On peut y détecter les années où il y a eu de grandes épidémies, l’évolution de la composition ethnique de la région, la baisse des taux de mortalité infantile, etc. Ce genre de site n’a pas de prix pour une région et pour une ville.

Comme la Société d’histoire l’affirme, le cimetière a tout ce qu’il faut pour devenir un véritable cimetière-jardin qui pourrait attirer de nombreux visiteurs. Peut-être que l’entreprise Les Jardins du souvenir seraient prêts à s’associer à un projet de conservation? Et il y a urgence d’agir, même le buton sur lequel se trouve la tombe de Philemon Wright menace de s’affaisser avec le mur de soutènement du cimetière.

Petite histoire de l’église

L’église faisait partie de la plus ancienne paroisse de Gatineau. Elle a brûlé durant le Grand feu de 1900 et a été reconstruite en 1901. Les vitraux exceptionnels qu’on retrouvent à l’intérieur ont été restaurés récemment par la Fondation du patrimoine religieux du Québec. L’architecture intérieure, notamment les boiseries de chêne de la grande voûte et du maître-autel sont aussi spectaculaires. L’inventaire des lieux de culte du Québec donne d’ailleurs à ce site la cote la plus élevée.

Nous n’avons pas beaucoup de bâtiment aussi vieux et aussi beaux dans la région. Il est étonnant de voir qu’ils n’ont pas déjà été protégés par la ville. Il faut que ce soit à l’ordre du jour du prochain conseil municipal.

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