Le Dr Guy Morissette
Pharmacie: quand le public et le privé travaillent de pair
Un comité se penche sur le partenariat qui peut se faire en Outaouais
Les pharmaciens du réseau public et du réseau privé auraient-ils avantage à travailler ensemble. C'est ce que croit le domaine de la santé, qui a mis en place un comité pour étudier les partenariats possibles entre les deux groupes de professionnels.
Depuis plusieurs années, le domaine de la santé parle du public et du privé dans les soins. Mais jamais on n’a pensé à ce qui pouvait être fait avec les pharmaciens. «On n’en parlait pas trop. C'est une catégorie de professionnels qu'on n'avait jamais assis ensemble à la même table. Mais… on a vu les besoins», souligne le président-directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, Dr Guy Morissette en entrevue à La Revue.
Les pharmaciens dits communautaires, ceux qui pratiquent dans les pharmacies de quartier, et les pharmaciens d'hôpital, font un travail semblable. «Ils n'exercent pas de la même façon, mais c'est de plus en plus semblable», affirme le Dr Morissette.
Par contre, s'il reste des différences dans leur travail, la base est la même, soit le patient. «Il faut se centrer sur le patient. Notre collaboration peut être utile pour l'usager. Il faut voir comment on peut faire en sorte que le service ne soit pas juste accessible à l'hôpital.»
Le Dr Morissette donne en exemple une personne qui va à l'hôpital et qui se fait prescrire un médicament pour éclaircir le sang. «Quand il retourne chez lui, il faut qu'il y ait un suivi. Ça peut être fait par le médecin et par le pharmacien en même temps. Les deux peuvent travailler ensemble. Souvent, le pharmacien peut voir des choses que le médecin ne voit pas.»
En même temps, le pharmacien, qui est souvent le même pour un patient, peut voir la série de médicaments prescrits par des médecins différents et ainsi faire un lien entre ces médicaments. «En travaillant plus ensemble, on peut aider à réduire les effets secondaires pour les patients», affirme le Dr Morissette.
Définir les procédures
Tout ce qu'il faut pour arriver à cette collaboration, c'est de définir les procédures. Déjà, des réunions ont eu lieu en Outaouais pour lancer les discussions. «On est en train de définir les grands dossiers qu'on entend travailler dans les deux ou trois prochaines années.»
Comment rendre le système plus efficace, comment travailler ensemble et comment assurer la qualité des soins, sont les grands dossiers qui devraient faire l'objet de discussions plus en profondeur avec le comité.
«Il y a un très grand intérêt selon ce qu'on peut voir jusqu'à maintenant, indique le Dr Morissette. Les pharmaciens sont contents de se retrouver ensemble et que le réseau de la santé voit l'expertise qu'ils peuvent amener.»
On pourra déjà voir les premiers balbutiements de cette collaboration dès cet automne, alors qu'un projet de partenariat sera lancé pour combattre le tabagisme, un problème majeur en Outaouais.