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Le CPSP, ou comment voir outre le dossier criminel

Un boulet plus lourd que la seule sentence

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Article mis en ligne le 10 août 2007 à 15:29
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Le CPSP, ou comment voir outre le dossier criminel
Un boulet plus lourd que la seule sentence
Un dossier criminel. C'est un terme qui fait peur à plusieurs. Autant pour les employeurs que pour les employés, travailler avec quelqu'un qui a eu à faire avec le système judiciaire soulève toutes sortes de doutes.
Pour le propriétaire dudit dossier aussi. Malgré un article dans la Charte des droits et libertés qui dit qu'un employeur ne peut refuser d'embaucher une personne sur la seule base d'un casier judiciaire, la discrimination est bien présente.

C'est là qu'entre en jeu le Centre de placement spécialisé du Portage. Depuis 1975, l'organisme subventionné par Emploi Québec aide les gens avec un dossier criminel à se trouver un emploi. Basé dans le secteur Hull pendant 20 ans, le CPSP œuvre aujourd'hui depuis la rue Marengère, tout près de l'intersection du Boulevard Gréber et de la rue St-Louis.



Le travail des employés du CPSP se résume en trois volets: la recherche d'emplois comme telle, le retour aux études et les démarches de pardon. Leurs clients proviennent d'Emploi Québec ou d'organismes extérieurs, mais aussi d'une base volontaire. «Les annonces dans les journaux sont très payantes pour nous, elles nous amènent beaucoup de clients», explique Luc Lefebvre, conseiller au CPSP.



L'année dernière, 325 personnes ont fait appel aux services de l'organisme, en forte majorité des hommes. Un chiffre honorable, pour l'entreprise qui compte une douzaine d'employés, mais le bassin de clients n'est pas exploité à son plein potentiel. Selon Statistique Canada, 15% de la population nationale adulte a un dossier criminel à son nom.



Alors que certains clients du Centre le consultent simplement pour pouvoir passer outre les idées préconçues de leurs employeurs face au dossier judiciaire, d'autres doivent faire face à des obstacles plus importants. «Quand on pense dossier criminel, on pense immédiatement à des crimes graves: meurtre, pédophilie ou autre. Mais ce ne sont pas tous nos clients qui ont un dossier pour de tels actes, au contraire», explique M. Lefebvre. La conduite sous l'influence d'alcool entraîne un dossier criminel.



Le Centre offre une panoplie d'ateliers. En plus de la recherche d'emploi comme telle, le CPSP permet à ses clients de suivre des programmes pour aider leur ponctualité, pour la réalisation d'un CV, sur le travail avec une personne en position d'autorité, comment établir et composer avec un budget, comment bien se préparer et bien agir en entrevue, ainsi de suite.



Les emplois recherchés sont très variés. Certaines personnes viennent au CPSP avec une seule idée en tête. Ou au contraire, elles veulent à tout prix éviter un milieu de travail donné. Le CPSP emploie une approche très flexible et personnalisée, pour répondre aux besoins précis de chaque individu.



La construction est un domaine populaire. Premièrement, il s'agit d'un domaine en pleine expansion. Il est donc facile pour un individu de s'y faire une place et d'en vivre, même sans avoir au préalable un niveau d'éducation élevé. Par ailleurs, le CPSP offre un programme en collaboration avec Développement des ressources humaines Canada (DRHC).



Dans ce programme, les personnes suivent une formation dans un domaine connexe à la construction; la menuiserie ou l'ébénisterie, par exemple. De plus, elles suivent un atelier de développement personnel, afin de mieux les préparer à s'intégrer au marché du travail. Au terme de leur formation technique, elles auront réalisé divers produits à partir de bois brut: des tables, des cabanons, des bureaux, etc. Ceux-ci sont ensuite donnés à des organismes charitables. «Les membres du programme ont souvent un sentiment de culpabilité, elles ont l'impression qu'elles ont pris les biens de la société sans rien avoir redonné. Ce programme leur permet de rendre leur dû», lance M. Lefebvre.
Le pardon
C'est d'abord une mesure symbolique, et bien que le pardon n'efface pas complètement un dossier criminel, il fait disparaître bien des boulets.
Le Centre de placement y accorde énormément d'attention dans ses démarches avec ses clients. Le procédé pour se voir accorder le pardon est long et relativement complexe, mais le CPSP offre gratuitement son aide pour que ses clients l'obtiennent. Les démarches doivent être complétées après un certain délai à la suite de la fin de la sentence.

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