Le CADO, ou comment donner un sens à la vie de personnes handicapées
Tout le monde a besoin d'une forme de travail ou d'une autre. S'atteler et s'appliquer à une tâche donnée, quelle qu'elle soit, est une source de stabilité mentale.
Pour les personnes atteintes d'une déficience mentale, c'est un besoin encore plus important. Voilà pourquoi le Centre artistique d'aide à la déficience mentale de l'Outaouais (CADO) offre un service essentiel à ses membres.
Une cinquantaine d'handicapés mentaux travaillent du lundi au vendredi au CADO. Ils préparent divers objets artisanaux et travaillent sur des contrats de fournisseurs. Par exemple l'empaquetage de serviettes et d'ustensiles en plastique. Pour certains, il s'agirait d'une tâche terriblement ardue et monotone. Mais pour les artisans du CADO, c'est leur raison de se lever le matin, comme l'explique le directeur du centre, Yves Caron. «Ils ont beaucoup de fierté à venir travailler ici. Pour eux, c'est un travail très sérieux. Certains ne veulent même pas prendre de vacances!»
«Nous remarquons souvent des changements dans le comportement des artisans», poursuit M. Caron. Les membres du CADO sont regroupés en équipe de neuf, et sont assignés à un éducateur. Le lien personnel qui se crée entre le travailleur et chacune des personnes de l'équipe est primordial. Les personnes atteintes de déficience ont éminemment besoin de savoir qu'ils peuvent faire confiance à quelqu'un.
Le CADO devient pour elles une seconde famille. Le centre leur donne un environnement dans lequel elles se sentent utiles. Certaines personnes sont d'ailleurs très enthousiastes à prendre part aux tâches ménagères. C'est bien simple, M. Caron est certain que le centre a le taux d'absentéisme le plus bas de toute la région! «La seule raison pour laquelle nos artisans ne viennent pas, c'est s’ils sont malades. Autrement, ils sont toujours très motivés à venir travailler.»
Au sein d'une entreprise normale, une personne déficiente est forcée à prendre le pas. Le CADO, par contre, peut se permettre d'être flexible, et de répondre aux besoins de chacun de ses membres. «Si quelqu'un n'a pas envie de travailler, on lui propose de se reposer ou de faire autre chose. Nous n'avons pas d'objectifs de production à atteindre, il n'y a pas de pression sur les épaules de nos employés», explique M. Caron.
Le centre doit dépendre des résultats de ses campagnes de financement pour pouvoir offrir ses services. En plus de la vente de produits artisanaux, le CADO organise, entre autres, un tournoi de golf et une collecte de sous noirs, cette dernière prise en charge par les membres du centre eux-mêmes.
Le conseil d'administration du CADO est formé d'un groupe de bénévoles. M. Caron lui-même est un employé d'Hydro-Québec à la retraite. Cela fait 10 ans qu'il travaille avec les handicapés.
Le CADO est présentement l'objet d'une étude d'un chercheur de l'Université du Québec en Outaouais. Les recherches, qui devraient aboutir d'ici deux ans, visent à prouver l'importance d'un organisme comme le CADO au sein de la communauté. L'éventuelle accréditation permettrait au centre d'accueillir plus de gens, en plus de pouvoir leur offrir un véritable salaire.
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