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Gaële nous «enferme» dans son cockpit

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 25 octobre 2007 à 10:04
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Gaële nous parle de son album!
Gaële nous «enferme» dans son cockpit
Elle a quitté les Alpes françaises y'a huit ans pour venir découvrir le Québec et n'est jamais repartie. Sympa, drôle, jolie, «embullée», Gaële vient de lancer son premier album électro-pop - Cockpit - après que les prix dans divers festivals de la province se soient amoncelés à ses pieds.
Deux ans de studio plus tard, l'auteure-compositeure-interprète à l'aura bienfaitrice est heureuse de «parler à des humains» de son bébé, qu'elle a concocté avec plusieurs collaborateurs, dont le réalisateur Cristobal Tapia de Veer. Un mélange de pop, folk, électro, jazz ambiant dont les ambiances organiques sont le phare. Une musique qui fait le pont entre les sonorités classiques et l'underground moderne, avec l'aide d'un cinéma et d'une peinture intrinsèques à la créatrice…

Gaële vous présente chacun des titres de son album, joué avec plus d'une dizaine d'instruments, qui contient des histoires vécues et des créations farfelues.

1.L'idéal tango: «Une chanson écrite pour me caricaturer, sur le syndrome de l'image. Moi qui n'échappe à la règle, car je suis à la mode. Mais je me demande: suis-je en train de me faire imposer quelque chose?» Gaële propose donc de rester soi-même sans se perdre dans les dédales des artifices.

2.La maison vide: «C'est tiré d'une histoire d'une de mes amies. Sa mère était comme ma deuxième mère, elle faisait le ménage chez moi. C'était une Portugaise. Elle est partie un jour et est revenue; sa maison a brûlé. Ç'a été catastrophique!» Gaële a donc imaginé en train de personnifier la maison dérobée par les flammes pour éteindre les souvenirs perdus.

3.Sur ma peau: «Une chanson 'cocon', un petit scénario. C'est un homme et une femme qui ne se connaissent presque pas et qui passent la nuit ensemble. Le lendemain matin, ils repartent chacun de leur côté. C'est une situation d'urgence, une expérience dont tu gardes le souvenir toute ta vie.»

4.Sarah: «Une amie d'université que j'ai connue à Grenoble. Une virtuose du violon, une personne exceptionnelle. Elle est partie comme un ange…, laisse tomber Gaële. Les premières années, j'ai appris à faire mon deuil, j'ai apprivoisé son geste et ç'a été une façon de me rapprocher d'elle, d'aborder le suicide sans le juger. C'est un sujet épineux, mais il faut en parler.»

5.Âme sœur: «Le cocon familial qui a parlé. Quand je suis arrivée ici (au Québec), je n'avais rien. Je me suis donc créé un monde sans oublier celui que j'avais. J'ai écrit cette chanson pour ma sœur, car j'en avais marre du téléphone. Ça m'a permis d'évacuer!»

6.Garde-moi: Gaële a collaboré avec Jipé Dalpé, qu'elle a connu au Festival de Tadoussac. Ils ont fait un drôle d'exercice: ils devaient écrire un texte en 30 minutes en s'imposant quelques contraintes. Ils ont marié leurs résultats et le mariage a donné un bal de contrastes, de naïveté sans fleur bleue, de rigidité planante…

7.Portrait d'automne: «Je l'ai écrite à 5h du matin quand je demeurais en Estrie. J'aime l'automne au Québec, y'a quelque chose de différent, c'est beau, ensoleillé, les couleurs sont vives. Et comme le papillon, y'a du renouveau.» La musique est aussi inspirée de la saison, avec ses tourbillons, ses accalmies et ses mouvements de feuille…

8.Les croix blanches: Gaële s'est rappelé ses souvenirs d'enfance quand sa grand-mère lui racontait des histoires de guerre. Elle a aussi gardé en mémoire une photo de sa sœur, debout devant un étang de nénuphars. L'ambiance glauque se ressent dans cette chanson de style «Vieille-France».

9.L'air du large: Une collaboration avec la Gaspésienne Marie-Pierre Fournier. «J'ai besoin d'horizons, de grands espaces. Je viens des Alpes et j'allais souvent sur les côtes de Bretagne et en Normandie. J'ai toujours grandi au bord de la mer.» Est donc née une chanson très sereine où les voix angéliques et intérieures s'entortillent.

10.Casino: «Je ne voulais pas faire une satire de la société, car moi-même je suis tenté par les extrêmes! Je voulais être candide, ne pas prendre position. Seulement, où doit-on s'arrêter? Jusqu'à quand la perfection?»

11.Cockpit: «La chanson libératrice. J'ai souvent un trop-plein dans la tête, mais je ne peux hurler. Cockpit me permet de dire qu'on doit exploser à un moment donné, sinon on devient fou. Dans le cockpit, je suis maître à bord de mes projets, c'est le symbole de mon univers, ça m'appartient. Je l'ai peut-être écrite parce que j'ai longtemps cherché ma place… Eh bien, je me la suis donnée!»

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