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L'Irlande des éclopés, au Théâtre de l'Île

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 1 novembre 2007 à 9:12
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L'Irlande des éclopés, au Théâtre de l'Île
L'Irlande des éclopés, au Théâtre de l'Île
L'Irlande des années 30 ne doit pas être si pire que ça si des Français, des dentistes, des Allemands ou des requins sont prêts à venir s'y établir? Pourtant, la jeunesse de l'île rêve de la quitter, quitter cette île où le destin des villageois est décidé d'avance.
C'est dans cet univers que nous transporte la pièce Billy l'Éclopé, présentée au Théâtre de l'Île jusqu'au 8 décembre. Si Billy est né avec un bras et une jambe dysfonctionnels, tous les habitants du village sont éclopés à leur façon, soit physiquement, soit par la vie. De l'alcoolisme à la tuberculose, en passant par le suicide ou l'abandon, tous les fléaux touchent ces gens. Ce sont donc les secrets, les nouvelles, véritables ou fausses, qui gèrent la vie de ces villageois.

Cette première production communautaire de la saison du Théâtre de l'Île nous rappelle que la saison estivale est déjà loin derrière nous. Loin du théâtre d'été, le texte de Martin McDonagh est lourd par moment, dans un univers très gris où le langage est souvent cru. Certes réaliste, on y rit de temps à autre, majoritairement d'un rire jaune.

Le metteur en scène aura certes réussi à dénicher quelques comédiens qui se démarquent du lot, entre autres Luc Charrette qui incarne un boiteux Johny toujours à l'affût du potin du village, et Nancy Beaulieu, une des deux tantes de Billy tellement inquiète qu'elle en perdra presque la boule…

C'est dans un décor suggéré, supporté par un quai flottant sur de l'eau véritable, que les neuf comédiens et comédiennes évoluent. Un décor pensé pour l'étroitesse des lieux et dont certains éléments se démarquent par leur polyvalence. Les changements de scène, qui se font en chantant, allègent quelque peu la lourdeur de l'histoire et rendent ces quelques secondes de réaménagement agréables pour le public.

Quelques balbutiements et mise en bouche moins réussis ont été entendus au cours de la soirée, mais soir de première oblige, les comédiens en ont été tout pardonnés!

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