Des paroles à l’acte
Le Québec d’aujourd’hui ne fait pas exception à la règle; les Québécois se préoccupent de l’environnement. Ils prônent des valeurs environnementales légitimes compte tenu de la situation mondiale actuelle. À cet égard, tous les pays, tous les citoyens en convient, il faut agir. Cependant, les différences résident dans le degré d’implication des nations et de leurs citoyens. D’un côté, nous retrouvons les «purs et durs» qui refusent de regarder la réalité en face donc de modifier leur façon de vivre et de l’autre, les «verts», complètement subjuguer par la vitesse avec lesquels les changements climatiques opèrent. À ces deux catégories, on pourrait facilement en ajouter une autre, les gens qui parlent et parlent, mais n’agissent pas.
Dans un sondage SOM/La Presse effectué en mai dernier, les Québécois ont remporté la palme d’or de la population la plus sensible à l’environnement. En effet, 90% des Québécois étaient conscients des dangers du réchauffement planétaire contre 77% pour le reste du Canada et les Américains, 75% pour les Suisses et 51% pour les Français. C’est une note quasi parfaite!
À première vue, ce sondage a chatouillé la fierté des citoyens de la province. Eh oui, les Québécois sont écologiquement responsables! Néanmoins, lorsque l’on prend quelques secondes pour vérifier si les gens appliquent au quotidien les vertus écologiques prônées, on se rend vite compte que ce n’est pas le cas. En effet, les citoyens sont conscients des enjeux, mais ils éprouvent des difficultés à le démontrer de façon concrète.
Dans son livre, Le mythe du Québec vert, l’auteur et journaliste François Cardinal s’est attardé à trois secteurs d’activités, les déchets domestiques, l’énergie et le choix d’une automobile, afin d’examiner si les dires de la population corroborent les faits. Selon lui, les Québécois sont non seulement les plus importants producteurs de déchets au Canada, en raison du faible taux de récupération et de compostage, mais ils consomment des quantités toujours à la hausse d’énergie et ils achètent des véhicules toujours plus gros et plus énergivores. Bref, les actions ne reflètent aucunement la conscience affirmée des Québécois.
À juste titre, malgré le fait que 87% des Québécois soutiennent qu’ils recyclent hebdomadairement, la réalité semble tout autre lors de grands événements publics. Au Festival des montgolfières de Gatineau, par exemple, les poubelles regorgeaient de bouteilles de plastique vides et ce, même si juste à côté, disons à 30 centimètres tout au plus, se trouvait une poubelle bleue, c’est-à-dire un récipient destiné à recevoir tout objet de nature recyclable. Il est plutôt difficile de croire, après avoir constaté ces faits, que près de neuf personnes sur 10 recyclent à chaque semaine à la maison.
Assurément, une partie de la faute revient aux municipalités qui se doivent de faire de l’éducation écologique pour sensibiliser les gens. La question à se demander est sans aucun doute: Comment chaque municipalité peut transmettre à la fois les connaissances nécessaires et le désir de participer activement à la régénération de la planète ? Nous avons infligé une blessure profonde à la Terre, il faut maintenant panser cette plaie. Il faut la faire cicatriser au plus vite.
Depuis plusieurs années maintenant les mots «environnement» et «écologie» sont sur toutes les lèvres. Présentement, nous sommes dans une période charnière. Cette ère fait la transition entre la génération des «pollueurs aveugles», c’est-à-dire ceux qui ont vécu dans l’excès, dans l’inconscience d’un monde toujours plus fragile et celle des jeunes qui sont éduqués dans des valeurs plus écologiques, mais qui, à certains égards, refusent d’appliquer les principes de ce mouvement à la mode. Bien qu’ils connaissent les enjeux environnementaux actuels, ils se ferment trop souvent les yeux devant la réalité de peur de devoir adapter leur mode vie en conséquence. L’abondance matérielle creuse souvent un fossé entre les valeurs et les agissements. Heureusement, plusieurs d’entre eux réussissent quand même à s’impliquer dans diverses activités écologiques dans leur communauté respective.
Il est vrai que la jeune génération paie, dans une certaine mesure, les frais de la période d’abondance d’après-guerre. Cependant, il ne faut pas agir en victime en accusant à tort et à travers le premier venu. Je crois sincèrement qu’il faut arrêter de perdre son temps à chercher des coupables. Il est nécessaire de poser des gestes et d’encourager des modèles qui correspondent à la réalité environnementale de notre époque. Après tout, le pouvoir revient à la population, au citoyen. C’est à nous de faire les bons choix!