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Au quotidien, il propage des bonnes… comme des mauvaises nouvelles!

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 18 janvier 2008 à 6:01
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Au quotidien, il propage des bonnes… comme des mauvaises nouvelles!
Âgé de 34 ans, le Gatinois Philippe Kenney pratique le métier de facteur depuis sept ans. (Photo: Daniel LeBlanc)
Au quotidien, il propage des bonnes… comme des mauvaises nouvelles!
Le métier de facteur peut vous sembler banal à première vue, mais lorsqu’on en apprend davantage sur les hauts et les bas de ce travail, on change d’avis bien rapidement. En moyenne, un facteur marche durant sa carrière l’équivalent de quatre fois et demi le tour du monde. La Revue a rencontré le Gatinois Philippe Kenney, à l’emploi de Postes Canada depuis sept ans.
Ayant à lui seul un trajet ponctué de 716 adresses, ce facteur sillonne une quinzaine de rues du secteur Gatineau, au sud du boulevard Maloney Est, telles les rues Campeau, Clément, Duberger, Notre-Dame et des Patriotes. Au boulot dès 7h30 et ce jusqu’à 15h30, le père de famille trentenaire était auparavant cuisinier de métier, et ce, pendant dix ans. Toutefois, la cigogne est passée à pas moins de quatre occasions pour lui et son épouse. Avec l’arrivée de Catherine (14 ans), Danika (10 ans), Olivier (5 ans) et Benjamin (4 ans), l’heure a alors sonné pour lui de réorienter sa carrière. «Avec la vie de famille, je me suis tourné vers la poste, c’était beaucoup plus avantageux pour moi. Je ne pouvais plus travailler de deux heures l’après-midi jusqu’à deux heures la nuit», s’exprime celui qui marche une dizaine de kilomètres par jour.

En moyenne, il livre quotidiennement entre 2000 et 3000 lettres, tout dépendant du temps de l’année. Le milieu de l’hiver et le printemps sont des moments forts occupés, bien sûr, avec l’envoi des comptes de taxes municipales et des impôts. Les mois de juillet et d’août sont quant à eux beaucoup plus calmes.

L’hiver québécois étant reconnu pour être particulièrement capricieux et agrémenté de verglas et de pluie, il est facile de croire que la température est ce que redoute le plus le facteur… «Je ne me suis jamais vraiment plaint de la météo. Oui, avec toute la neige qu’on a reçue cet hiver, ce n’est pas évident, mais de là à dire que c’est notre pire ennemi, non. Nous sommes habillés de A à Z», déclare l’homme de 34 ans. Équipé de crampons pour faire face à la glace qui peut parfois être traître, le facteur doit être vêtu selon la meilleure technique pour lutter contre le froid, soit celle de l’oignon.

Chapeau, parka, mitaine, passe-montagne, moufle, protecteur facial, écharpe et bien d’autres font partie des équipements vestimentaires d’un travailleur de Postes Canada. Par contre, Philippe Kenney tient à préciser qu’il se fait un devoir de jeter un coup d’œil à la chaîne de télévision MétéoMédia au moins une fois par jour. Également, il affirme que l’été est sans contredit sa saison favorite. «Même lorsqu’il y a de grandes chaleurs, je ne me plains pas», affirme-t-il.

Est-ce que ça lui arrive souvent ne pas livrer le courrier à une résidence en raison de l’inaccessibilité à cause du non-déblaiement d’une entrée en saison froide? «Quelques fois, oui. Là où tu sens qu’il y a un risque, tu as le choix d’y aller ou pas, c’est à ta discrétion», affirme-t-il. Selon un rapport publié récemment par la gestionnaire des communications de Postes Canada, Martine Lépine, un facteur risque de chuter au moins deux fois par jour durant l’hiver et environ 70% des accidents de travail répertoriés chez Postes Canada ont lieu durant la saison des flocons. Les blessures les plus fréquentes se situent aux membres inférieurs, comme une entorse aux chevilles ou aux genoux.

Selon le Gatinois, le plus grand rival du facteur n’est pas le climat, mais plutôt le chien. «Moi, je suis chanceux, il n’y a presque aucun chien sur ma route, mais c’est ma plus grosse crainte», dit l’homme qui a aussi travaillé en tant que commis de nuit au bureau de Postes Canada. Dans leur sac qui peut peser au maximum 35 livres, tous les facteurs sont équipés d’un dispositif à poivre de cayenne en cas d’attaque de Fido…
Quand facteur rime avec l’amour du contact humain…
Le métier de facteur en est un qui, qu’on le veuille ou non, apporte un contact direct avec le public en général, ce qui plaît bien à Philippe Kenney. «Tu finis par être familier avec les gens», mentionne-t-il, ajoutant, à titre d’exemple, qu’une dame qui réside dans l’une des maisons de son parcours lui prépare des bouteilles d’eau qu’elle congèle précédemment lorsque le mercure est très élevé en saison estivale.
«Beaucoup de gens ont besoin de ce contact-là car c’est peut-être la seule personne qu’ils vont rencontrer au cours de leur journée», dit-il, lui qui connaît aussi un résident qui a expressément réaménagé son terrassement en face de sa demeure afin que le facteur puisse avoir un accès plus aisé à sa boîte aux lettres. À cet effet, l’aspect de son emploi qu’il préfère est d’apprendre à connaître les gens. «Il y en a beaucoup qui se confient à toi», dit-il, ajoutant que le reclassement qu’il doit parfois faire avant de quitter pour effectuer son trajet quotidien est la chose qu’il aime le moins.

C’est tout un branle-bas de combat auquel on peut assister dans les bureaux de Postes Canada, sur la rue Racine dans le secteur Gatineau, tôt en matinée. Dans leur uniforme bleu ou gris, une centaine de facteurs s’affairent à classer toutes leurs lettres selon les adresses de la route qui leur est assignée pour une durée de quatre ans. Tout ça sans compter les magazines, certaines circulaires et de nombreux autres documents qu’ils doivent amener à leur case et placer dans une de leurs grandes poches, tel le Père Noël.

La cuisine et le théâtre sont encore des passions pour M. Kenney, mais il avoue ne pas avoir de sports ou de passe-temps qu’il pratique régulièrement. «Après ma journée de travail, j’ai déjà un contrat qui m’attend en arrivant à la maison», soutient le papa de quatre enfants, bien conscient que son train-train quotidien débute bien avant son heure d’entrée au travail. Il aime tellement ce qu’il fait qu’il n’hésiterait pas une seule seconde à encourager quelqu’un qui veut se lancer dans le domaine. «Je crois que c’est une très bonne stabilité et j’encouragerais n’importe qui voulant être facteur», affirme celui qui a maintenant droit à quatre semaines de vacances annuellement, sans compter les nombreux jours fériés.

Même si l’ère du web prend de plus en plus de place depuis quelques années et que le nombre de boîtes communes pour le courrier dans les nouveaux quartiers résidentiels va en s’accroissant (au lieu d’avoir une boîte à lettres à chaque porte), Philippe Kenney dit ne pas être effrayé par l’avenir du métier de facteur. «Au tout début, avec Internet, j’avais quelques craintes, mais ça n’a finalement pas vraiment changé les choses. Il peut y avoir des bogues informatiques et certaines personnes se sentent moins familières avec ça», soutient-il.

Donc, la prochaine fois que vous croiserez votre facteur, saluez-le!

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