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Claude Beaulieu: un grand passionné… de A à Z!

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 1 février 2008 à 9:00
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Claude Beaulieu: un grand passionné… de A à Z!
Claude Beaulieu devant une affiche qu’il affectionne particulièrement, soit celle sur laquelle sont écrites les deux valeurs principales de Nicolas-Gatineau: l’engagement et le respect des différences. (Photo: Daniel LeBlanc)
Claude Beaulieu: un grand passionné… de A à Z!
Être à la tête de la plus grosse école secondaire au Québec, composée de plus de 3300 élèves et d’environ 250 employés, voilà un travail qui peut, à première vue, sembler hasardeux au XXIe siècle. Pourtant, c’est ce que fait Claude Beaulieu depuis dix ans déjà, à la polyvalente Nicolas-Gatineau. La Revue a rencontré un homme passionné par son métier… et la jeunesse!
Né le 16 juillet 1951 et ayant vécu toute son enfance sur le boulevard Moussette, dans le secteur Hull, Claude Beaulieu a étudié au Collège classique Marie-Médiatrice et au Cégep de l’Outaouais. Ne se plaisant pas dans cet établissement, il se dirige à l’Université d’Ottawa pour y étudier les sciences humaines et la gestion, avant de traverser la rivière pour réaliser quelques années plus tard des études en pédagogie à l’Université du Québec à Hull.

Marié depuis 14 ans et père de deux enfants, Ariane, 16 ans, et Julien, 13 ans, cet homme avoue que Nicolas-Gatineau est un peu comme son bébé. «Je passe plus de temps avec l’école qu’avec mon épouse», dit-il en souriant, ajoutant qu’un établissement de cette ampleur est un peu comme une petite ville, à l’intérieur de laquelle il y a des joies ainsi que différents problèmes. «Les gens sont toujours surpris de voir à quel point c’est calme ici», affirme-t-il. Au milieu des années 70, il est parti en voyage à la découverte de l’Europe, avant d’avoir le goût d’aller compléter une maîtrise en administration des affaires (MBA) à l’Université de Chicago. Par contre, il a abandonné cette idée lorsqu’il a eu le goût de se diriger en enseignement et qu’un poste a été ouvert à la polyvalente Nicolas-Gatineau. «Tout cela s’est passé de fil en aiguille, et sans que je force la note. Ce n’était pas dans mon plan de carrière du tout», soutient-il.

Enseignant d’histoire et d’éducation physique pendant de nombreuses années avant d’hériter du travail de responsable des activités culturelles et sportives, Claude Beaulieu devient directeur de l’unité 1 en 1990 puis directeur de l’école en 1998. Oh, un petit oubli: il a même travaillé comme consultant en gestion pour le compte du gouvernement fédéral, lorsqu’il était plus jeune.

On ne pourrait compter sur nos deux mains tout ce dans quoi cet homme est impliqué: il est président du conseil d’administration des Centres Jeunesse de l’Outaouais, trésorier de la Corporation de la Maison de la culture de Gatineau, président de la Table de direction des écoles secondaires québécoises qui ont une clientèle de 2000 élèves et plus et membre du conseil d’administration des Amis de l’Étudiant Outaouais. Comme si ce n’était pas suffisant, il est aussi membre du CA de la Fondation Nicolas-Gatineau, du centre de conditionnement physique de N-G et de la Corporation du Phénix de N-G.

Malgré toutes ses tâches, Claude Beaulieu est tout de même capable de décrocher et de relaxer à quelques occasions. Complètement? Pas tout à fait. «Quand je pars en vacances, j’apporte mon ordinateur portable. Ça me permet d’être moins déphasé lors de mon retour. On s’entend pour dire que répondre à des courriels sur le bord d’une piscine, ce n’est pas trop difficile», dit-il en riant, ajoutant que la première semaine de classe lors du retour de la période des Fêtes est un moment propice pour lui pour partir en vacances. D’ailleurs, cette année, lors de son voyage sous les chauds rayons du soleil, il a croisé par hasard une autre directrice, soit Carmen Thauvette, de la polyvalente Le Carrefour.

Durant sa tournée matinale de l’école, tâche qu’il effectue religieusement vers 7h50, tout juste avant le début des classes, le directeur confie que l’horaire qui débute à 8h pour les élèves n’est pas la meilleure des choses. «Ce n’est pas l’idéal pour les adolescents selon des études américaines. Je suis convaincu que si les classes débutaient à neuf heures, on observerait de meilleurs résultats scolaires», dit franchement celui qui rencontre tous les jeunes de l’établissement au cours des trois premières journées de l’année scolaire. «Beaucoup d’entre eux ont des emplois à temps partiel. C’est formateur, oui, mais beaucoup travaillent trop d’heures», ajoute-t-il.

L’homme de 56 ans croit que les principaux atouts à posséder pour s’épanouir pleinement dans un métier comme celui de directeur d’un établissement scolaire est d’avoir un sens de l’écoute très développé, une dose de leadership, des habilités de gestion et aimer les jeunes. «Tu ne peux pas transformer une école si personne ne te suit. Ce ne sont pas les diplômes qui amènent la compétence, mais la reconnaissance des pairs», soutient-il.

Ce directeur d’école est assurément un ardent défenseur de la réforme scolaire entamée au Québec. «Je suis en faveur de cela. On doit préparer nos jeunes au XXIe siècle. Ça va peut-être prendre 20 ans au lieu de cinq avant de voir ses effets, mais on n’a pas le choix. Quand on implante quelque chose, il peut y avoir des ratés, c’est normal», dit-il. Et Monsieur le directeur, quelles étaient ses forces et ses faiblesses à l’école, dans les années 60? «J’aimais bien le français, l’histoire et les mathématiques, mais la chimie et la physique ont toujours été des bêtes noires pour moi», lance M. Beaulieu.
Un gestionnaire très apprécié de ses collègues…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Claude Beaulieu est loin de ne pas être aimé par ses collègues de travail à la polyvalente Nicolas-Gatineau. «Claude, dans le fond, est un gars qui carbure aux projets. C’est sa source de motivation et habituellement il amène tout ce qu’il fait à terme», de dire son adjoint administratif, Robert Boyer.
De son côté, la directrice du programme sport-études, Joanne Fournier, qui côtoie M. Beaulieu depuis 18 ans, n’a que de beaux mots lorsqu’elle parle de lui. «Il est coquin et c’est un homme qui a un bon sens de l’humour. Il est humain et a une belle vision. Lorsqu’arrivera le temps de son départ, ce sera une grosse perte pour l’école, c’est certain», confie-t-elle.

Côté divertissements, il adore le tennis, qu’il pratique au moins une fois par jour d’avril à octobre, sans compter qu’il aime aussi faire du ski alpin avec ses proches et jouer des parties de hockey contre les enseignants. Il possède aussi une maison de campagne à Montpellier, où il en profite pour faire le vide. «C’est ma soupape pour passer du temps en famille», affirme l’homme dont la tâche qu’il aime le moins est d’avoir à suspendre un élève… contrairement aux stéréotypes qui peuvent être véhiculés par rapport au métier de directeur d’école! «C’est toujours un dernier recours pour moi et on ne fait pas ça par gaieté de cœur», ajoute-t-il. Quant à l’aspect qu’il préfère, c’est de conclure des projets. D’ailleurs, au moment de dire ses paroles, il n’hésite pas à parler du projet «Silence, on lit»(SOL), implanté depuis peu à N-G et qui consiste à ce que les élèves fassent 20 minutes de lecture par jour. «J’aime beaucoup aussi le beau moment qu’est le Bal des finissants. C’est plaisant de voir les élèves tout chics, c’est la plus belle soirée de l’année», mentionne M. Beaulieu.

Et ne faites surtout pas d’allusion à la retraite quand vous jasez avec quelqu’un comme Claude Beaulieu. «Un gars comme moi, ça ne se retire pas. Je suis impliqué dans bien des choses et je veux au moins terminer la réforme, ensuite on verra. Je n’aime pas le mot retraite. Je vais contribuer ailleurs, dans d’autres domaines», conclut-il.

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