La ligne brisée: un combat aux nombreux rebondissements
Les films de boxe québécois ne pleuvent pas. La scénariste Michelle Allen et le réalisateur Louis Choquette nous en offrent enfin un avec La ligne brisée, une histoire d'amitié brisée entre deux boxeurs qui fait revoler d'la chair…
Sébastien (David Boutin) et Danny (Guillaume Lemay-Thivierge) sont deux grands chums qui vivront un incident tragique qui changera leur vie. Ils connaîtront chacun l'amour avec Lysanne et Cécile (Jacynthe René et Fanny Mallette), mais le ring représentera toujours le summum de leur existence, l'endroit où ils deviennent plus grands qu'eux-mêmes, l'endroit où ils règlent des comptes…
«La vie est un combat. Mais on démontre qu'il n'est jamais trop tard pour se tenir debout; du point de vue de deux boxeurs et du point de vue de l'amitié», explique le producteur André Dupuy.
Les boxeurs étant des athlètes spéciaux, de par leur entraînement spécifique et l'univers solitaire dans lequel ils se démènent, un des plus beaux paris de l'équipe depuis 2002 a été de recréer cette «intériorité». André Dupuy assure que le casting a été agréable sans être une sinécure; il savait que le duo de boxeurs devait avoir une forte présence à l'écran et que les acteurs et actrices de soutien auraient à tempérer le jeu intense de David et Guillaume.
D'ailleurs, les deux Jake LaMotta de service ont dû se transformer eux aussi en taureau sauvage pour rendre le long-métrage crédible. Ils ont eu l'aide d'un entraîneur personnel spécialisé en boxe et d'Yvon Michel, qui ont entre autres chorégraphié les combats. «L'entraînement était intensif… durant douze semaines. Ç'a été un défi physique et ça nous a fait connaître mieux le sport. Pour se mettre dans la peau du personnage, ça prenait automatiquement de l'entraînement», indique David Boutin.
«J'avais des préjugés envers la boxe avant le film, ajoute Jacynthe René. Mais chaque boxeur a son histoire, avec son milieu. Et certains essaient de changer leur vie avec ça. […] Ce qui me touche dans le film, c'est cette tragédie. Chaque coup qu'ils donnent a une histoire. C'est l'évocation de la force versus la vulnérabilité. Comme le personnage de David: le monde s'attache à lui et les gens savent pas pour qui prendre à la fin…»
Jacynthe et Michelle Allen s'entendent pour dire que le film plaira autant aux femmes qu'aux hommes, parce que la testostérone partage son lit avec l'humanité que dégagent les deux boxeurs. C'est cette dualité qui a poussé la deuxième à écrire cette histoire. Et le pire, c'est qu'elle et Louis Choquette sont passés par une large gamme d'émotions en transposant des images sur ces lignes intactes.
Voilà sans doute pourquoi le réalisme et la dureté des multiples combats intérieurs que se livrent les personnages sont si «punchés»… et ne ressemblent pas à tout ce qui s'est déjà fait au cinéma sur ce sport!
Le film sort dans les cinémas le vendredi 7 mars.