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Pour le talent de Christiane Pasquier…

«Ce qui meurt en dernier» au Centre national des arts

Marie-Eve Bouchard par Marie-Eve Bouchard
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Article mis en ligne le 7 mars 2008 à 13:24
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Pour le talent de Christiane Pasquier…
La comédienne Christiane Pasquier dans la peau de la comtesse Martha von Geschwitz. Photo: Marlène Gélineau Payette
Pour le talent de Christiane Pasquier…
«Ce qui meurt en dernier» au Centre national des arts
Pour la prestation grandiose de Christiane Pasquier, la pièce Ce qui meurt en dernier présentée dans le théâtre du Centre national des arts, jusqu'au 8 mars en vaut la peine.
Mais dans la mesure où on est prêt à passer une heure et quelques grains de sable à pas toujours comprendre le texte pourtant si bien écrit de Normand Chaurette et à assister à un monologue plutôt statique à peine interrompue par l'arrivée de Jack.

Ce n'est non pas qu'on s'ennuie avec Ce qui meurt en dernier, mais il semble manquer cette étincelle qui nous fait voguer sur les flots d'une histoire plutôt intrigante.

En effet, comment une femme intelligente comme la comtesse Martha von Geschwitz peut-elle mettre en place tous éléments afin d'attirer la venue de Jack l'Éventreur. Cette femme seule d'âge mûr, alors que celle qu'elle aime, sa Loulou, est partie satisfaire les appétits charnels d'un client, s'installe dans la pénombre pour lire un «short story». Tandis qu'elle attend, désire la venue de Jack pour l'éventrer, Martha se met à rêver et à dialoguer avec un Jack, devenu plutôt un fantasme.

Si bien qu'à certains moments, en tant que spectateur de ce dialogue, qui est plutôt un monologue, on ne sait pas toujours où on en est. Puis, de quoi on parle… Il y a certes des moments plus légers, voire amusants, mais l'ambiance y est tout de même lourde. Faut dire aussi que la pièce se déroule dans la semi-pénombre et est animé par la projection de gouttes de pluie et des apparitions en filigrane de Jack. Désire-t-elle vraiment mourir de la main de Jack l'Éventreur ou a-t-elle plutôt eu un regain de vie? On n'en sait trop rien et la fin brutale n'apporte aucun éclairage.

Mais qu'importe, puisque Christiane Pasquier y est magistrale dans son interprétation de la comtesse. Sa diction est parfaite et Mme Pasquier fait preuve d'un bel exercice de mémoire en livrant un texte riche où s'alignent termes moins courants et synonymes. Elle joue sur tous les tons avec une justesse incontestable. Elle habite vraiment le personnage.

On se laisse donc impressionner par le jeu de la comédienne et on ne tente surtout pas de tout comprendre. On absorbe un peu comme l'ont fait Christiane Pasquier et le metteur en scène, Denis Marleau à la première lecture. Peut-être que l'illumination aura lieu plus tard…
«Ce qui meurt en dernier» est présenté au Théâtre du Centre national des arts (53, rue Elgin à Ottawa) jusqu'au 8 mars à 19h30. Billets à partir de 31,50$ à la billetterie du CNA, chez Ticketmaster 613 755-1111 ou via internet www.nac-cna.ca

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