Les Fous de la Rampe dévorent un gros Mille feuilles au Cégep de l'Outaouais
La troupe étudiante de théâtre du Cégep de l'Outaouais, Les Fous de la Rampe, présente la critique de la convergence des médias Mille feuilles, écrite par Pierre-Michel Tremblay, les 14 et 15 mars.
«On est allé voir la pièce à Montréal avec un groupe de jeunes il y a quatre ou cinq ans, quand elle a été créée par Les éternels pigistes, avec Christian Bégin. On a beaucoup aimé le texte et son humour assez corrosif et mordant. Et en plus c'est une comédie à messages…», indique la metteure en scène Marie-Josée Boudreau, qui est assistée dans sa tâche par Caroline Morneau.
Ces messages concernent les grosses compagnies médiatiques et leur publicité, leurs téléréalités et leur monopole idéologique. «C'est une critique de la convergence des médias et des stars fabriquées instantanément. C'est très actuel comme propos…», ironise Marie-Josée, qui a épuré au maximum la mise en scène pour laisser toute la place au texte et aux neuf comédiens et comédiennes. Et de toute façon, il y a tellement de scènes qui s'entrecoupent que Marie-Josée estime qu'il aurait été difficile de dépeindre tous les lieux et époques…
En attendant plusieurs années avant de monter cette œuvre, elle a pu oublier l'original et l'adapter comme elle voulait. «La pièce contenait plus de rôles masculins, mais on a féminisé plusieurs rôles. Il y a donc sept filles et deux gars.» Les deux rôles principaux, soient ceux de la PDG de la compagnie et de la star instantané (incarnée par Thierry Morel-Laforce), ont été gardés comme tel.
Impossible à décrire
La trame de fond de cette satire est la création par la compagnie fictive Mass Inc. d'une immense comédie musicale sur la vie du peintre Paul Gauguin. Mais comme dans la réalité, ce show ultra kitsch ne sera que la pointe de l'iceberg: de l'argent sera brassé, des vies seront endommagées et des querelles éclateront. Selon Thierry, c'est là que réside la substance de la pièce, compte tenu que la création du spectacle hommage n'est que le tiers de la production de 90 minutes.
«Y'a tellement d'éléments que c'est dur de vraiment cibler ce que c'est… Il y a beaucoup de conflits personnels, on se pose des questions… On se demande si ce sont les actions de Mass Inc. qui détruisent des vies et influencent les individus ou si c'est le public qui demande ça», mentionne-t-il à propos du débat de société à propos des téléréalités. D'ailleurs, en tant que «vedette sortie de nulle part», son personnage est l'exemple parfait de ce qu'une téléréalité peut engendrer comme matraquage publicitaire et comme absurdité!
Parlant d'absurdités, les rôles qu'endosse Mylène Poulin ne donnent par leur place! «Je joue une réceptionniste un peu dans son monde, un terroriste acadien, une itinérante qui voit sa photo dans le journal, je chante des 'jingles' et je joue un commanditaire principal qui s'accorde beaucoup d'importance mais qui ne connaît rien», énumère-t-elle.
Marie-Josée Boudreau croit que malgré les 36 personnages et 15 tableaux de la pièce, l'auteur Pierre-Michel Tremblay arrive à nous faire réfléchir. Car si l'influence des conglomérats, la publicité et les téléréalités se fraient un chemin indirectement dans notre cerveau, une prise de conscience est possible!
À vous de vérifier les 14 et 15 mars, 20h, à l'auditorium du Cégep de l'Outaouais, 333, boulevard Cité-des-Jeunes. Billets: 6$ pour les étudiants et 8$ pour les adultes, à la porte ou aux COOPSCO du Cégep.