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Moran en spectacle intimiste à la Basoche

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 14 mars 2008 à 12:00
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Moran en spectacle intimiste à la Basoche
Moran sera en spectacle ce soir à La Basoche.
Moran en spectacle intimiste à la Basoche
L'auteur-compositeur-interprète Moran présentera ce soir à La Basoche les chansons de son album Tabac, et plus encore. Une salle intimiste parfaite pour celui qui se dit dépendant à la solitude et à l'intimité.
«On ne sait pas à quoi s'attendre d'un spectacle à l'autre. Il n'y a pas de mise en scène, on ne sait pas combien de temps ça va durer!», explique d'emblée celui qui a laissé tomber son prénom Jean-François pour vivre de la plume de son patronyme.

S'il se retrouve en Outaouais ce soir, c'est dans sa ville natale, Montréal, qu'il a (re)présenté son spectacle en début de semaine, au Lion D'Or. «C'était une pratique pour Gatineau!», ironise le sympathique chanteur, un brin moqueur dans la voix.

Depuis deux ans, l'album de Moran fait un "tabac" partout où il passe, d'abord par le charme qui se dégage autant de l'interprète que des chansons elles-mêmes, probablement aussi pour l'ambiance suave qui en découle, ambiance qui se répand autant dans les textes en français que ceux dans la langue de Shakespeare.

Si bien que les appels fusent de toute part, et même de l'Europe, d'où Moran revient à peine. «Je n'ai fait aucune demande pour la France et les gens m'appellent. Il y a quelqu'un qui travaille pour moi là-bas sans que je le sache!»

Le destin ne semblait pas se dessiner ainsi pour Moran, lui qui a attendu l'âge de 30 ans pour apprendre à jouer de la guitare. Auteur avant tout, il a dû faire face à une triste réalité: «Il n'y a personne qui arrivait à chanter mes textes parce que c'était trop personnel, admet-il aujourd'hui. […] Je devais toujours écrire des choses que je n'avais pas envie d'écrire. Je me suis débattu longtemps avec ça et j'ai été obligé d'apprendre à chanter!»

Ses fans doivent sa carrière d'interprète à Francine Raymond, qui lui a fait voir les choses en face. Mais il aura fallu sept ans à Moran pour se laisser convaincre d'utiliser sa propre voix pour faire résonner ses textes. «J'ai pu jamais l'impression de travailler, ni d'être en vacances, mentionne-t-il au sujet de sa nouvelle carrière. Je voulais que ma vie fasse partie de mon métier et que mon métier fasse partie de ma vie et c'est ce qui arrive.»

Les portes de cette nouvelle vie ne cessent d'en ouvrir d'autres. D'abord la scène, où Moran prend un vilain plaisir à se retrouver, en compagnie de celui qui l'accompagne en spectacle depuis un an, le guitariste et chanteur Kevin Thomson, également auteur et compositeur.

Puis l'Europe, où il a offert quelques spectacles en Belgique, gagné certains prix en France et où il vient tout juste de se faire inviter par un particulier, propriétaire d'un vignoble, pour donner un spectacle sur ses terres. Une invitation qui ne se refuse pas!

Et enfin le cinéma, qui est arrivé au hasard de sa vie. C'est Anna Karina qui l'a approché pour tourner un road-movie dans lequel il incarne le premier rôle masculin, en plus d'interpréter quelques chansons. Bien qu'il ait adoré l'expérience, Moran reste perplexe sur la suite de sa carrière cinématographique: «Je ne sais pas si je vais en refaire un jour. Je suis d'abord auteur-compositeur-interprète. Ce que je fais dans la vie, c'est écrire des chansons», émet celui dont les influences se transmettent jusqu'à sa progéniture, puisque ses deux filles se prénomment Dylan (pour Bob), et Félix (pour Leclerc).

À voir ce soir, à La Basoche, 20h.

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