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Catherine Major baigne dans l' «eau-delà»…

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 18 mars 2008 à 15:30
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Catherine Major explique les trois derniers titres de son album: «Deux p'tites minutes», «Le monde à rebours» et «Petit mâle».
Catherine Major baigne dans l' «eau-delà»…
La nouvelle coqueluche du Québec se nomme Catherine Major. Elle a dernièrement remporté le Jutra de la meilleure musique (pour Le Ring) et son deuxième album Rose Sang impressionne: un doucereux et vertigineux voyage dans les couloirs des relations humaines, où le piano est le capitaine et la poésie vocale et littéraire, le vaisseau.
Catherine était de passage à Gatineau aujourd’hui pour une éreintante (dans le sens que les questions et réponses se bousculent trop rapidement!) journée de promo. Nous avons fait une entrevue «fast-food» sur sa carte de visite, les 14 titres de son album. Un disque sans routine construit de moments d’éternité, de petites ou marquantes tranches de vie spontanées, immortalisées sur des airs de piano, de violon, de harpe et bien d’autres passeports pour le ciel… ou devrions-nous dire l’au-delà?



1.La voix humaine: Catherine débute son Rose Sang avec une pièce de 5:30 qui plonge directement l’auditeur dans son jardin intérieur. «Elle place bien les choses, c’est un crescendo. C’est une chanson universelle sur un thème universel, une chanson sans refrain pour dire que la voix veut tout dire. C’est la seule chose qui nous restera toujours, notre voix.»

2.Les grands espaces: «Les espaces dont on a besoin et qu’on redoute ; on a besoin d’espace pour soi-même, mais on a aussi besoin de se coller aux gens. Dans les rapports entre deux êtres humains, il y a cette contradiction, cette dualité.» Cette pièce au tempo rapide tranche avec la locomotive, qui est plus ratoureuse…

3.Dans l'au-delà: Sans doute le morceau qui revient en tête après la première écoute; 2:30 de bonheur simple, de rigolade musicale. Catherine a composé d’abord la musique, très «speedée», et s’est mise à rire du ciel, de cet au-delà si mystique, avec les paroles. Le résultat est un petit bijou de défoulement où le soleil et l’ironie se marient parfaitement.

4.Le piano ivre: «Une chanson d’amour écrite par Éric Valiquette. Il voulait se mettre dans la peau d’un piano et… de lui-même! C’est une valse d’amour qui finit en valse «honky-tonk», qui éclate par la modulation.»

5.Sahara: Avec celle-là, Catherine nous transporte dans sa valise, là où la chaleur et les mœurs sont tout autres… «Ça vient d’un voyage au Niger, je voulais le raconter, rendre hommage au peuple nigérien. Nous avons arabisé la musique et mis de la couleur dans les cordes…»

6.L'amour sec: Y a-t-il une crème hydratante pour l’amour sec?, se demande l’auteure-compositeure-interprète sur cette plage. «Elle est drôle au niveau de l’énergie. J’avais envie d’un truc cubain sur l’album. On l’a enregistrée live comme le Buena Vista Social Club, tous ensemble. Si on se trompe, on recommence. On a fait 13 versions et on a pris la meilleure, on l’a jouée durant une journée. Le texte parle de ma frustration de ne pas m’être sentie écoutée par quelqu’un…», confie-t-elle.

7.Toute une vie: «Un texte de Martine Coupal qui parle de la vie, de la naissance à la mort en trois minutes. Ça parle de quoi on est fait, du non-sens de notre vie. Pour la musique, je voulais quelque chose de plus ‘surf’, qui donne envie de danser!»

8.Fais pas l'affaire: «Une réalité d’aujourd’hui; j’en avais marre des lois, des restrictions. J’ai donc demandé à ma mère (Jacinthe Dompierre) de m’écrire un texte et je lui ai donné la musique.» Ce texte est fort comique et fait passer le sujet, un homme évidemment, pour une vraie lavette! Il ne fait décidément pas l’affaire!

9.Valser en mi-bémol: La pièce la plus enivrante de l’album. Elle a été écrite un beau matin d’hiver ensoleillé, quand Catherine était encore dans les vapes. Elle a été charmée par la neige qui flirtait avec les rayons jaunes et s’est mise à l’ouvrage…

10.Abîme-moi: «Une déchirure entre deux êtres. La symbolique est un escalier qui les sépare; ils ont envie de s’aimer malgré l’impossibilité, ont plaisir à se faire mal. Elle a été écrite il y a un an et je la vis aujourd’hui…»

11.Bain d'épices: «Un texte écrit par ma mère, qui lui a permis de gagner à Petite-Vallée en 2004. C’est un texte parfait, poétique, j’avais envie de le mettre en musique, de le rendre plus rock & roll. J’aime bien faire ça, mettre un texte triste sur de la musique gaie…»

12.Deux p'tites minutes: «Une chanson écrite après une rupture. Quand on a l’impression de se faire jeter comme un bout de chiffon…, lance-t-elle abruptement. Ç’a été comme un soulagement pour moi. Je l’ai laissée très épurée, très intime, pour séparer l’interprétation du texte»

13.Le monde à rebours: «C’est la conscience de cette horloge biologique, de cette société qui court et qui ne prend pas le temps de s’arrêter…»

14.Petit mâle: «C’est une chanson qui sort d’une très grande douleur, qui parle d’’avortement… C’est une chanson qui est là pour faire du bien à celles qui l’ont vécu.»

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