Le Cégep de l'Outaouais désire une relève en technologies de l'information
Le programme Technologie de l’électronique industrielle doit être rayé de la carte
C'est dans le souci d'assurer la pérennité de son offre de formation en technologies de l'information que le conseil d'administration du Cégep de l'Outaouais a dû se départir mardi soir d'une formation peu convoitée par les étudiants ces dernières années, soit celle de Technologie de l’électronique industrielle, car cette formation ne correspond pas ou plus aux besoins de la «Bulle technologique» outaouaise.
Le collège avait réalisé une analyse approfondie de la situation des programmes liés aux technologies de l'information à l'été et l'automne 2007. Cinq programmes ont alors été identifiés comme étant «sur le seuil de la rentabilité et de l'intérêt de la part des étudiants»: Technologie de la géomatique/cartographie, Techniques de l’informatique voie de spécialisation en gestion de réseaux informatiques, Technologie de l’électronique industrielle, Technologie de l’électronique/Télécommunications et Technologie des systèmes ordinés. Le c.a. a décidé de se départir du troisième parce que les demandes d'inscription, malgré une forte campagne de promotion, n'étaient pas assez substantielles (10). Le c.a en voudrait 20 dans chaque cours.
Cette coupure entraîne plus de retombées positives que négatives, selon le président du conseil et pointure reconnue en technologies, Pierre Plangger. «On a fait cela pour bien se positionner et pour que nos programmes de technologies connaissent le succès. Le Cégep est absolument dévoué à ce que les programmes réussissent.»
«Il y a une question de philosophie et une de responsabilité, poursuit-il. Je prends l'exemple d'Alexandre Despatie qui, pour les Olympiques de cet été, a décidé de se concentrer sur le 3 mètres et de laisser tomber le 10 mètres pour augmenter ses chances de remporter la médaille d'or. Nous, on veut que les quatre programmes qui restent aient les ressources nécessaires, les labos, les profs… Ça, c'est la philosophie.»
Côté responsabilité, M. Plangger estime que le Cégep a une responsabilité régionale d'avoir une bonne offre de programmes. Sauf que le ministère de l'Éducation a imposé une révision des programmes de Technologies du génie électrique pour 2009 et a fourni une aide financière pour seulement deux des trois cours offerts par le Cégep de l'Outaouais. Technologie de l’électricité/Télécommunications et Technologie des systèmes ordinés sont donc conservés au détriment de Technologie de l’électronique industrielle. «Il y a eu seulement cinq gradués en 2006-2007, dans un domaine très en demande!, lance Pierre Plangger. Mais on a discuté avec Emploi-Québec et s'il y en a un qui est moins en demande, c'est lui.»
L'Outaouais a davantage besoin de gens en télécommunications et en informatique. «Le programme a déjà été beaucoup plus fort. Mais il sert plus dans les grosses entreprises avec des chaînes de montage», précise M. Plangger.
De belles opportunités
Pierre Plangger avoue que les quatre programmes gardés montrent de beaux progrès, mais qu'il y a bien du chemin à faire pour répondre à la demande du marché du travail. De la promotion sera faite encore, entre autres auprès des conseillers en orientation des écoles secondaires, mais le c.a. ne brûlera pas tous ses efforts et son budget là-dessus. M. Plangger croit que les jeunes craignent peut-être un peu l'image «rigide» de la «Bulle technologique» et que cette vision doit changer pour éviter une pénurie critique des cerveaux technos.
Et les gens, mentionne Pierre Plangger, doivent comprendre que ces programmes ne sont pas si compliqués! «C'est peut-être une fausse perception que c'est difficile, car non, ce n'est pas le cas. On peut très bien réussir. Les étudiants qui s'inscrivent et qui veulent, peuvent réussir, car nous avons un bon ratio profs-étudiants (1 pour 20).»
De plus, les pré-requis ont été allégés. «Avant, on demandait un cours de mathématiques enrichi de secondaire 5. Là, on demande les maths normales de secondaire 5. Et le Cégep offre même un cours de quinze heures pour aider les étudiants plus faibles en maths; ça leur permet de faire un rattrapage.»
Finalement, Pierre Plangger ne cache pas que les salaires sont intéressants pour des jeunes adultes dans la vingtaine. «Je parle ici en tant qu'employeur: les salaires sont bons! Un jeune qui commence va gagner plus de 40 000$ et après quelques années, 60 000$.»