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D'un océan littéraire à l'autre

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Article mis en ligne le 19 mars 2008 à 14:00
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Mon pays, c'est un roman.">D'un océan littéraire à l'autre
Noah Richler vient de faire paraître Mon pays, c'est un roman.
D'un océan littéraire à l'autre
Un nouvel atlas littéraire du Canada a fait son apparition sur les tablettes des librairies francophones ces dernières semaines. Il ne s'agit pas d'un atlas comme les autres, mais d'un roman. À moins qu'il ne s'agisse tout simplement d'un pays?
S'il a fallu à Noah Richler pratiquement deux ans pour présenter cette version francophone de This Is My Country, What's Yours?, intitulée Mon pays, c'est un roman, les francophones auront droit à une version écourtée de quelque 90 pages de l'ouvrage, et embellit d'une rencontre, celle de Gaétan Soucy et de sa Petite fille qui aimait trop les allumettes.

Car cet ouvrage en est un de rencontres, celles faites au cours de quatre années de voyage entre l'Atlantique et le Pacifique. Plus de 100 écrivains et auteurs toujours de ce monde se seront prêtés au jeu de discussion proposé par Noah Richler.

Et à travers ces découvertes se seront dessiné non pas une, mais bien trois sociétés distinctes. D'abord celle de Terre-Neuve, qui se dissocie en raison de ses frontières naturelles. Puis vient l'inévitable société québécoise, où «la frontière molle de la langue a donné une idée de pays». Vient ensuite la ville, où plutôt les villes. Pas les petites, mais les grandes, celles où tous les espaces, même ceux qu'on n'avait pas vus au premier coup d'œil, doivent être utilisés, là où «les frontières ont perdu leur importance parce qu'on doit rencontrer les autres», explique l'auteur dans son français teinté d'anglais.

De ses rencontres et de ses lectures, le fils du controversé écrivain Mordecai Richler a fait plusieurs trouvailles. Mais ce dont Noah Richler est le plus fier, c'est d'avoir réussi à prouver sa théorie du Nulle part, celle qui dicte que dans un pays comme le Canada, tout est en turbulence, tout est encore vivant: «Ici, tout n'est pas décidé. On se lève le matin et on se demande "c'est quoi être un Canadien?". Et on se pose cette question-là maintenant, dans cette ère d'argumentation. J'admire ça, C'est très bien!», indique celui qui a passé toute sa vie entre Montréal et l'Angleterre, en plus de voyager de par le monde.

Cette ère du débat a été précédée, dans la littérature canadienne, par deux autres courants marquants selon l'auteur: celui de l'invention, puis de la cartographie. M. Richler métaphore le tout à l'aide d'un enfant qui dessine un objet quelconque, ou encore un pays. «En premier, on nomme la place, l'enfant établit les formes d'un pays, il crée un mythe», explique-t-il au sujet de l'ère de l'invention. Puis vient le temps de dessiner les frontières et tout ce qui s'y trouve, dans une ère dite de cartographie. «Mais après ça, on découvre que toutes les cartes sont subjectives, indique l'auteur. On entre dans l'ère du débat. Les histoires, comme les gens, disputent les espérances et les craintes d'une société.»

Celui qui a grandi entre l'imaginaire d'un père écrivain, son propre scepticisme et ses questionnements partagés avec son paternel sur ce que c'était d'inventer des choses et des histoires, a ainsi redécouvert le pays de son enfance. «Quand je suis revenu au Canada, il y a dix ans, je savais que je devais reconnaître le pays. Mais littéralement re-connaître», indique celui qui a travaillé dans différents domaines et dans différentes villes canadiennes par le passé.

Noah Richler avait pris l'habitude, lorsqu'il était envoyé par la BBC dans un pays où il n'avait encore jamais mis les pieds, de s'informer quant à savoir quel était LE livre à livre sur ce pays.

Cette habitude, il ne l'a pas perdue, mais ce n'est pas un, mais bien une centaine d'ouvrages qu'il a lu pour compléter ce périple A Mari usque ad Mare. Certains auteurs l'auront marqué, tel que Gil Courtemanche («et son verre de vin»), d'autres rencontres auront créé toute une polémique, comme c'est le cas avec Victor-Lévy Beaulieu. «Un écrivain comme VLB a des idées très dogmatiques, il ne voit pas la littérature comme universelle», déplore Noah Richler à ce sujet. Des moments, aussi, auront marqué l'auteur, comme un arrêt dans des dunes de sable situées en Saskatchewan: «J'ai été frappé par le miracle de la diversité du pays. Non seulement de la diversité du paysage, mais de ses gens», dira l'auteur.

De ces rencontres sera né un livre, un atlas littéraire, qui a pris vie grâce aux auteurs qui ont marqué ce pays où il y a encore tant à faire. «Les auteurs sont des espaces intermédiaires entre le monde comme il est et le monde qui est représenté dans les histoires», conclut Noah Richler.

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