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Aide, lutte, dénonciation et sensibilisation depuis 30 ans!

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 29 mars 2008 à 16:26
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Aide, lutte, dénonciation et sensibilisation depuis 30 ans!
Le CALAS fête ses 30 ans et a même fait imprimer des timbres de Postes Canada pour souligner l’événement! (Photo: Daniel LeBlanc)
Aide, lutte, dénonciation et sensibilisation depuis 30 ans!
C’est en octobre 1977 qu’un groupe de femmes a créé, en collaboration avec le CLSC, le Centre d’aide aux victimes de viol de l’Outaouais (CAVVO). Cinq ans plus tard, l’appellation de l’organisme a changé pour devenir le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles de l’Outaouais (CALAS). Trente ans et des milliers de cas d’agressions plus tard, le mandat est toujours le même: prévenir, aider et lutter…
Quand on pense qu’environ une femme sur trois au Québec a déjà été agressée sexuellement (98% des agresseurs sont des hommes) et que le CALAS de l’Outaouais a reçu 200 nouvelles demandes d’aide l’an dernier, on en déduit que l’organisme à but non lucratif, qui aide les femmes de 12 ans et plus, est bien loin de ne plus avoir sa raison d’être. Notons que seulement une faible minorité de victimes (environ 10%) dénoncent leurs agresseurs aux autorités policières.

«Pour nous, depuis 30 ans, il y a trois volets, soit les services, la lutte et la prévention. Ils sont tous indissociables, ç’a toujours été comme cela avec le temps et ça va continuer à l’être», de dire l’une des intervenantes de l’organisme, Joëlle Trahan, en poste depuis cinq ans.

«Il y a encore beaucoup de préjugés sur les agressions sexuelles. On entend encore des gens dire que les victimes ont couru après», se désole Mme Trahan, qui croit que beaucoup de croyances populaires sont fausses. Des exemples? «Certaines personnes croient que les femmes qui marchent seules le soir ou qui s’habillent sexy n’ont pas aidé leur cause avant d’être agressées, par exemple», lance-t-elle.

Selon l’intervenante, étant donné que l’on entend beaucoup plus parler des agressions sexuelles qu’il y a plusieurs années, tout le monde s’entend pour dire que c’est inacceptable, mais le sujet est encore bien tabou. Joëlle Trahan est d’avis que la dénonciation aux autorités policières et les procédures judiciaires sont certes les étapes les plus pénibles pour les victimes d’agressions sexuelles, particulièrement dans l’état dans lequel se trouve le système de justice québécois. D’ailleurs, elle est d’accord pour dire que les quelques cas qui s’avèrent faux et inventés de A à Z n’aident pas à la situation, surtout qu’il faut de plus en plus de preuves dans ce type de dossier. «Ces histoires-là sont souvent davantage médiatisées, et le traitement que l’on en fait nuit aux autres situations, les vraies», affirme-t-elle.

Pour souligner de belle façon les 30 ans d’existence de l’organisme, une soirée vin et fromages est prévue en soirée samedi à la salle Le Banquet du Centre communautaire Tétreault, dans le secteur Hull. Près de 100 personnes sont attendues à cet événement auquel participera entre autres la professeure en littérature au Cégep de l’Outaouais, Michèle Bourgon, qui abordera le féminisme lors d’une allocution. Témoignages surprises d’anciennes militantes ou usagères du CALAS, performances de la troupe de danse hip-hop de l’Association récréative de Templeton et prestation de l’auteure-compositeure-interprète gatinoise Geneviève Vaillant, l’une des gagnantes de Gatineau prend la scène, sont aussi à l’horaire de cette soirée spéciale. L'organisme a même fait imprimer des timbres de Postes Canada à l'effigie de ses 30 ans d'existence!

Et maintenant que le CALAS de l’Outaouais entame sa 31e année d’existence, quel est le plus grand souhait, aussi réaliste soit-il, de l’intervenante Joëlle Trahan? «J’espère qu’il va y avoir de moins en moins de préjugés et que la violence faite aux femmes diminuera», conclut-elle. Il faut noter que dans quelques mois, le CALAS de l’Outaouais ne couvrira plus le territoire de Maniwaki puisqu’un Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) y verra le jour.
Pour les gens intéressés, il est aussi possible d’acheter des œuvres d’art d’Ana Francine Béland. Rappelons que la vente aux enchères intitulée «Corps et âmes avilis», qui devait avoir lieu au début du mois de mars et dont les profits auraient été versés au CALAS Outaouais, a été annulée en raison du faible nombre d’inscriptions. Infos: 819 771-1773

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