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Deux jeunes plaideurs Gatinois remportent le Concours Laskin

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 5 avril 2008 à 17:58
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Deux jeunes plaideurs Gatinois remportent le Concours Laskin
Jean-Christophe Martel et Guylaine Loranger en pleine action. (Photo: Richard Tardif)
Deux jeunes plaideurs Gatinois remportent le Concours Laskin
Guylaine Loranger et Jean-Christophe Martel, deux étudiants de la Section de droit civil de l'Université d'Ottawa, ont remporté le prestigieux Concours Laskin, qui s'est déroulé à Winnipeg au début du mois de mars.
Guylaine (3e année de droit civil) et Jean-Christophe (19 ans) se sont connus le jour où ils ont appliqué pour le concours. Même s'ils sont séparés par 26 ans d'âge, ils ont immédiatement développé une chimie, complicité qui leur a permis de «s'amuser» littéralement avec le panel de juges devant qui ils devaient plaider, encadrés du professeur David Robitaille et de l'avocat conseil Nicolas Lutz.

Dans cette cause imaginaire, qui a été plaidée par 40 équipes provenant de toutes les universités canadiennes offrant une formation en droit, le duo représentait le gouvernement fédéral. Le sujet ressemblait à l'affaire de l'abolition il y a quelques années du programme de contestation judiciaire, qui avait beaucoup affecté les minorités du pays. Guylaine et Jean-Christophe ont compris que tout ce qui touche au bilinguisme et aux droits humains n'est pas toujours facile à démêler!

Cependant, ils étaient si bien préparés qu'ils ont ravi les juges, dont un provenait de la Cour d'appel du Canada. Le juge Bastarache de la Cour suprême, a quant à lui dû se désister à la dernière minute, mais il est d'habitude de la partie.

«Pourquoi on a gagné? Je dirais parce qu'on avait du plaisir à plaider! On n'a pas cherché à s'imposer, juste à avoir du plaisir… et ça paraît sur les photos qui ont été prises!, lance Guylaine en souriant. On a aussi eu du plaisir à échanger avec les juges. En vérité, on n'avait pas le temps de parler plus que deux minutes que les juges nous posaient des questions. Ç'a été comme ça tout le temps, comme une balle de ping-pong. Et c'était bon signe; s'ils te regardent pas, ce n'est pas bon signe!»

«En plus de cette vivacité qu'on dégageait, on connaissait nos dossiers. Les juges ont évalué le travail en équipe en posant des questions à mon partenaire sur ma partie du mémoire, qui était divisé en deux, et en m'en posant sur la partie de mon coéquipier. Notre préparation était bonne, c'était évident qu'on avait échangé. Les juges ont trouvé ça intéressant. Mais je dirais que le plaisir a été le plus gros facteur. Aussi le fait qu'on ait appris quelque chose: ce n'est pas pour rien qu'ils nous donnent un problème fictif… ils veulent voir si tu peux innover et apporter de nouvelles choses au droit.»

Guylaine voyait cela comme une partie d'échec, où le duo a évité les pièges tendus par les juges. «Mais on n'a pas essayé de marquer des points, on a gardé notre spontanéité.»
Surprenant bilinguisme!
Guylaine Loranger avait déjà habité un an dans le nord de Winnipeg, mais ne connaissait pas tant les réalités du bilinguisme canadien. Elle a été agréablement surprise au Concours Laskin: «Toutes les universités devaient envoyer au moins un juriste capable de plaider en français! Comme dans l'équipe de l'Université de Saskatchewan, les deux avaient l'anglais comme langue première et un a plaidé en français. Au niveau juridique, on dit toujours qu'il faut montrer l'exemple… J'ai été surprise de voir comment on est bilingue au Canada!, avoue-t-elle.»
«Ta pensée est toujours influencée par le langage. En droit, on ne plaide pas de la même façon. Le français est une langue latine, alors on gesticule davantage… Il y avait là-bas ce gars du Manitoba qu'on croyait Québécois! Mais il n'a jamais habité au Québec! C'est la langue qui décide, pas la province ou le pays…» Guylaine indique qu'elle est au fait de ce type de situation, car le département dans le lequel elle étudie à Ottawa relève du Québec! De quoi générer une tonne de blagues…

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