Pierrette Robitaille était à la Maison de la culture mercredi soir.
Pierrette est enchantée, et le public aussi!
Pierrette Robitaille sait jouer. Ça, on en était persuadé. Ce dont on doutait, toutefois, c'est si elle savait chanter ou non. Mais hier soir, à la Maison de la culture, celle qui a fait rire tout le Québec à plusieurs reprises a prouvé hors de tout doute qu'elle pouvoir aussi être une chanteuse!
Car il ne fallait pas se fier sur le numéro d'entrée, celui où la comédienne écorche solidement le succès de Notre-Dame de Paris, Le Temps des cathédrales. Mais quel numéro original! Fallait la voir, elle, dans son costume de clown, à se brasser le derrière pour faire rire et à présenter de bien belle façon ses deux acolytes, Jean-Fernand Girard au piano et Jean-François Valade à la basse/contrebasse.
Une entrée en matière qui ne pouvait être plus imprévisible, et qui a mis la table pour la suite. Si Pierrette est enchantée, c'est qu'elle est retournée en enfance, d'abord, puis à l'adolescence et à l'âge de la jeune adulte, revisitant certains moments de folie ou d'émotion, le tout en paroles et en chansons.
C'est ainsi que les balades de jeunesse avec ses frères et sœurs et ses cousins prennent des airs d'Yves Montand et de son succès À bicyclette. Que la soirée débute avec Charlesbois et son Fu Man Chu, question que tout le monde soit "dedans". Clémence viendra elle aussi faire son tour, le temps de deux chansons, tout comme Dalida, La Bolduc, et bien d'autres.
Si certains airs soi-disant connus échappent aux plus jeunes, les baby-boomers et la génération silencieuse doivent se retenir pour ne pas chanter en chœur. Et si certains moments se rapprochent d'une imitation de Sol ou de Clémence, on lui pardonne, car chaque fois, c'est la Pierrette qui ressort particulièrement.
Entre les pièces musicales, Pierrette discute de sa vie, parfois trop hâtivement. De sa jeunesse on retiendra son audition pour être admise au Conservatoire d'art dramatique de Québec, lors de laquelle elle a magnifiquement repris un extrait de Cyrano de Bergerac. Il n'en fallait pas plus pour se convaincre que Pierrette Robitaille a vraiment un talent fou.
De sa vie d'adulte, il y aura les moments passés avec son chum d'origine allemande, qui a un "léger" accent. Et du regard qu'elle porte sur ses frères et sœurs, sur ses parents, et sur la mort.
Mais si cette discussion sur la mort fait partie du spectacle, c'est beaucoup plus pour parler de la vie, et la chanter. Et c'est sur une note joyeuse, et fort bien tenue, que Pierrette Robitaille termine la soirée, avec une interprétation réussie du succès de Brel, Quand on a que l'amour.