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Peter MacLeod poursuit sa corrosion au troisième round

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 12 avril 2008 à 20:00
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Peter MacLeod poursuit sa corrosion au troisième round
Corrosif: qui a du mordant, qui ronge. Corrosion: destruction progressive, effritement d'une substance. Cet été, à la Maison de la culture, l'agent corrosif sera un certain Peter MacLeod, et la corrosion, la société québécoise et ses travers.
L'éternel célibataire au rire moqueur continuera son «beau et légal» travail de démolition cet été à la salle Odyssée, avec MacLoed 3, une suite logique de ses deux premiers rounds, où il traitait de chocs culturels déguisé en «Crocodile Dundee du Lac Drolet» et où la provocation et le multimédia étaient rois et maîtres. Maintenant, c'est un Peter MacLeod plus mature et posé qui se dresse devant nous avec sa couette blonde.

«Il y a un peu de multimédia et on s'en sert d'une autre façon. Je suis présent sur la scène du début à la fin, c'est 2h, 2h15, de stand up. On voit pas passer le spectacle, ça va vraiment vite, c'est un feu roulant. La plus grande critique des gens jusqu'à présent est que je frappe sur tout ce qui bouge», glisse l'humoriste qui rode son show depuis un an. Il est rendu à 100 représentations, ce qui fait grimper sa confiance au plafond à l'aube de sa venue à Gatineau.

Mais bon, comme ce qui intéresse d'habitude le public est le contenu et non le contenant, l'agent corrosif a préparé toute une spirale d'actualité: «Il y a beaucoup de questionnements sur les raisons pour lesquelles j'ai quitté la scène pendant trois ans, alors je mets les pendules à l'heure pour reprendre mon titre», ironise-t-il.

MacLeod ne manque pas d'écorcher cette époque des communications où il y a des problèmes… de communication. Parions qu'il n'est pas d'accord avec la manière dont nous évoluons, nous, pauvres homo courrielus! «Je parle aussi de la jeunesse, je suis un peu nostalgique; je compare mon enfance avec celle des jeunes d'aujourd'hui. Il y a aussi un numéro dans le noir, et c'est mieux comme ça, parce qu'il y a des choses qui se disent pas à la clarté…»

S'il a décidé de ne plus parler des relations hommes-femmes («parce qu'il s'est rendu compte que ça ne marchait pas!», Peter MacLeod passe les deux sexes au «broyeur» séparément. «Je crée une femme de rêve avec un logiciel. Je la bâti avec les gens dans la salle. Les gars sont plus capables et les femmes viennent en c****, c'est drôle… J'essaie aussi de sauver mon sexe, le mâle qui dépérit. C'est violent ça aussi! Aujourd'hui, tu vas dans un Jean Coutu et y'a juste des hommes! Et j'ai déjà vu des gars refuser d'aller à un voyage de pêche parce qu'il y avait juste des toilettes extérieures! On est rendu là, là!»

Mais là où le «batte» de Peter MacLeod risque de blesser est au niveau des fameux et désormais célèbres accommodements raisonnables: «Je les traite d'une façon qui n'a jamais été abordée encore. Je vais vraiment loin, mais j'ai eu la permission des avocats…», assure-t-il, le plus sérieusement du monde, en précisant que ce qu'on juge vulgaire parfois peut seulement être une erreur de perception...
Une société qui se meurt?
Peter MacLeod est comme nous tous: il n'est pas parfait, mais aime bien donner des savates dans le visage de la société québécoise depuis une quinzaine d'années. «On est parti d'une société patriarcale à une société matriarcale. Ce serait le fun qu'on ait un juste milieu, parce que là, on n'est plus libre! On est en train d'étouffer, de s'éteindre par des règlements; les enfants peuvent plus être des enfants, les p'tits gars peuvent plus être des p'tits gars…»
«On peut plus rien faire. Tu te lèves le matin, tu vas dans ton auto, tu t'attaches… Moi, si je veux me péter la face dans mon 'windshire', c'est ma décision! On est pénalisé partout, on a des barres dans le dos, des stéréotypes, des familles monoparentales, personne dit non, tout va vite, on coure après notre queue. Ça va prendre des gros changements politiques avec des gens qui ont des couilles. Et tu dois changer la roue qui tourne sous ces gens-là…» Rien de plus simple!
Entrez dans le ring pour le 3e round avec Peter MacLeod les vendredis et samedis du 11 juillet au 2 août, et en supplémentaires les 15, 16, 22 et 23 août à 20h. Billets: 819 243-2525 ou www.maisondelaculture.ca.

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