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Un grave problème de logements abordables en Outaouais

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Article mis en ligne le 18 avril 2008 à 5:38
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Un grave problème de logements abordables en Outaouais
François Roy. (Photo: Patrick Voyer)
Un grave problème de logements abordables en Outaouais
«Les logements, il y en a de moins en mois et ceux qu'il y a sont de plus en plus chers.» Voilà la situation qu'on retrouve en Outaouais, selon Louise Guindon, directrice générale des Œuvres Isidore Ostiguy, un organisme qui vient en aide aux familles sans logis.
Cette réalité est loin de plaire à l'organisme, qui constate qu'un nombre record de familles et d'enfants sans logis ou à risque de le devenir ont fait appel à lui entre le 1er avril 2007 et le 31 mars 2008. Au total, 1216 personnes ont été aidées pendant cette période, parmi lesquelles se trouvaient 483 enfants. L'an dernier, pendant la même période, 998 avait requis l'aide de l'organisme, contre 1142 en 2005-2006.

«Le phénomène de l'itinérance touche, à notre grand désespoir, les familles. Ce n'est pas un phénomène unique à Gatineau, c'est un phénomène qu'on retrouve aussi à Ottawa», note François Roy, de Logemen'occupe. Mais, précise-t-il, ce n'est pas un phénomène que l'on retrouve dans les autres grands centres du Québec.

C'est pourquoi le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) demande à ce que l'Outaouais soit considérée comme une région particulière et qu'on lui accorde par le fait même un statut particulier. «Nous avons les logements les plus chers de toutes les régions du Québec, pour les mêmes salaires minimum et les mêmes revenus de bien-être social.»

«La pénurie de logements est loin de s'améliorer ici à Gatineau», émet M. Roy. Le taux d'inoccupation a diminué et atteint 2,9% en octobre 2007, ce qui est en deçà du 3% qui assure habituellement une stabilité. De plus, le programme d'aide au supplément au loyer d'urgence n'a pas été reconduit, ce qui fait en sorte que les nouvelles familles qui se retrouvent sans logis ne peuvent pas bénéficier de cette aide.

«Ça prend des investissements. Il faut construire davantage de logements sociaux. Il faut que les gouvernements investissent davantage», insiste M. Roy. À l'heure actuelle, près de 2000 ménages sont en attente d'un logement social.

Conscient que ce nombre est improbable à court terme, le président de Logemen'occupe espère voir les 400 logements approuvés par la Ville de Gatineau en décembre 2006 être construits rapidement. «Si on avait 400 logements de plus, ça serait une pression de moins sur 400 familles.»

Les Œuvres Isidore Ostiguy ont six logements temporaires, soit trois de deux chambres, et trois de trois chambres. Les gens dans le besoin peuvent y résider pour une période allant d'un à six mois. «Pour les familles sans logis, la durée moyenne des séjours d'hébergement avant qu'ils se trouvent un logement permanent a connu une forte augmentation», indique Gilles Poirier, administrateur-trésorier des Œuvres Isidore Ostiguy. Au cours de la dernière année, 19 familles ont eu recours à ces logements, comparativement à 13 l'année précédente.

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