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La rançon de la patience pour Geoffrey

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 17 avril 2008 à 23:15
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La rançon de la patience pour Geoffrey
Geoffrey a offert tout un spectacle ce soir à la salle Jean-Despréz!
La rançon de la patience pour Geoffrey
Geoffrey le dit lui-même au début de son premier spectacle: ce ne sera pas parfait, mais d’une grande authenticité. Une heure trente plus tard, après qu’il nous ait infligé claque après claque grâce à un alignement de chansons aussi variées qu’excellentes, on comprend cette remarque humble d’ouverture, mais on salue sans perdre une seconde ce talent qui éclot tranquillement mais sûrement!
À peine majeur aux États-Unis, le chanteur gatinois entre sur la scène de la salle Jean-Despréz avec quatre musiciens et une choriste, après que son amie Gaële ait réchauffé la salle de quelques pièces de son merveilleux album Cockpit.

Chemise rouge, débardeur et cravate noir, son corps effilé se tord de bonheur dès les premiers titres, qui voguent entre des ambiances de club branché ou de plancher de danse en fin de soirée. Diversité dont pourra jouir nos oreilles jusqu’à la fin, alors que Geoffrey nous amène marcher sur une île déserte ou nous plonge dans les bras de parents qui ont perdu leur enfant…

Des chansons que peu de gens ont entendues car Geoffrey n’a pas encore sorti son premier opus… En fait, il aurait pu, mais il a décidé d’attendre pour s’assurer que cette galette lui ressemblerait. Alors tout ce que le public peut faire est de faire confiance à la galaxie d’énergie et de charisme qui se donne corps et âme devant lui, enchaînant les morceaux avec la maîtrise d’un artiste d’expérience. Avec toutefois ce petit côté bon enfant qui ne se prend pas au sérieux et qui nous ramène sur Terre; Geoffrey grimpe les échelons, le sommet n’est pas gagné…

Mais il épate le jeune sire avec ses compos aux rythmes chauds, aux tempos nerveux ou doucereux, qui ont sans aucun doute été travaillées jusqu’à devenir dingue! Et que dire de ses reprises des Beatles, Mika ou Corey Hart, qui se glissent dans le programme comme des lettres à la poste! Rares sont les artistes qui n’ont pas encore gravé de disque et qui ont un tel front! Et une telle passion, comme quoi la volonté et l’amour du métier s’apprennent tôt…

Une mise en scène et des éclairages sobres mais diablement efficaces donnent toute la place à Geoffrey et ses musiciens, qui, s’ils n’arrivent pas toujours à nous plonger dans un univers «familial», prennent un plaisir certain à accompagner le Gatinois d’origine dans sa folie.

Des premiers pas de géant donc, de la part d’un Geoffrey qui mise davantage sur la qualité et le professionnalisme que sur la rapidité d’exécution et la robotisation de l’interprétation, comme c’est devenu monnaie courante ces dernières années avec les poulains qui ont à peine quelques poils au menton.

La prochaine étape: un album aussi puissant et complet que ce show et le premier échelon sera gravi. Mais bon, pourquoi se presser quand on sait que la patience l’a si bien servi jusqu’à maintenant?

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