Aller à l’école???
Quand l’hiver a été si blanc et si beau, l’arrivée du printemps est encore plus spectaculaire. Pour les enfants, c’est l’annonce de la fin prochaine des classes et du début des vacances… peut-être la période où il est le plus difficile d’aller à l’école. C’est le bon moment de se rappeler de ce qui la rend essentielle.
Il faut aller à l’école pour deux raisons. La première est la moins importante, mais la plus facile à comprendre: l’argent.
Financièrement parlant, le meilleur investissement qu’on puisse faire dans une vie, c’est d’aller à l’école. Dans sa vie active, un Québécois sans diplôme secondaire gagnera en moyenne un million de dollars au total. S’il a un baccalauréat, il en gagnera deux. Le double. Soulignons que la Québécoise ayant un baccalauréat, elle, en gagnera seulement 1,7 de plus. On est peut-être rendu à l’égalité des sexes, mais pas à celle des salaires. En 2005, le taux de chômage, chez les gens qui n’avaient pas de baccalauréat était trois fois plus élevé que chez les autres. Si on veut faire de l’argent, la recette est simple: aller à l’école. Et si on veut juste être heureux?
La deuxième raison d’aller à l’école est, justement, le bonheur.
Voici quelques faits étonnants:
Plus les gens sont instruits, plus ils sont en santé.
Plus les gens sont instruits plus ils s’engagent dans la communauté.
Plus les gens sont instruits, plus ils vivent vieux.
Plus les gens sont instruits, plus bas est le taux de criminalité
Plus une nation est instruite, plus elle est riche.
Plus une nation est instruite, moins on y trouve d’inégalités sociales.
Comment en arrive-t-on à autant de bienfaits?
Ma mère m’a toujours dit que le cerveau est comme un muscle, mieux on le nourrit, plus on l’exerce, plus il est efficace. Penser, c’est comme n’importe quoi, ça s’apprend. L’école nous apprend à réfléchir, à mieux connaître le monde autour de nous, à résoudre des problèmes.
L’école nous aide à prendre de meilleures décisions quand on travaille, quand on se nourrit, quand on élève nos enfants, quand on vote. L’école transmet les valeurs d’une société. L’école est aussi une arme qui nous permet de nous défendre contre les charlatans qui veulent nous faire croire (ou nous vendre) n’importe quoi. C’est un outil pour mieux lire le journal, comprendre les enjeux, défendre nos idées et nos droits.
L’école, c’est un passage qui nous donne accès à tous les chefs d’œuvre de l’humanité: aux grands peintres, aux grands auteurs, aux grands compositeurs. Juste savoir lire, c’est pouvoir voyager tous les jours… même quand on est trop vieux pour marcher. Aller à l’école, c’est aussi se donner le moyen de dire je t’aime un peu plus joliment.
Si l’argent ne fait pas le bonheur, l’école fait les deux: argent et bonheur. C’est pour ça qu’il faut y aller… même s’il fait beau!
Bravo! : autre sujet. Je suis allé voir la pièce «Hôtel des deux mondes» de Éric-Emmanuel Schmitt, à Buckingham. Une belle œuvre qui fait réfléchir à ce qui a de la valeur dans la vie, de bons comédiens d’ici dont nous pouvons être fiers. Merci à tous ces bénévoles qui enrichissent notre vie. Aller au théâtre, c’est un peu comme un prolongement de l’école, ça apporte du bonheur.
Sophie Dionne
Commentaire mis en ligne le 23 avril 2008Entièrement d'accord en théorie.
Mais l'école(publique) a beaucoup de travail à faire pour redevenir un lieu d'apprentissage sain et favorisant la pensée. Les enseignants sont fatigués, il n'y a pas assez de spécialistes et les élèves qui ont une pensée critique s'ennuient car ce n'est pas encouragé de s'exprimer et ce n'est pas respecté. Ces élèves s'absentent de leurs cours car ils s'ennuient, tout en sachant qu'ils réussiront facilement leur examen. Or l'école réplique en les excluant pour cause d'absentéisme. Et ça finit souvent par le décrochage de l'élève qui y voit une injustice et pense plutôt à s'affirmer au lieu de s'instruire.
Pourrait continuer dans la même ligne, des exemples de décrocheurs j'en ai plein et ce ne sont absolument pas ceux qui ont de la difficulté. L'école (devrait dire certaines écoles publiques et pour ne pas la nommer Mont-Bleu) se nivèle par le bas et n'est pas un lieu nécessairement stimulant. Comme pour vivre en société, il y a des règles à respecter à l'école et l'élève doit s'y soumettre. Mais qu'en est-il s'il n'y voit aucune motivation et raison de s'y soumettre.
le respect à tous les niveaux (élèves,parents,professeurs,directeurs) n'est plus, on veut des robots qui assimilent le minimum des bases de l'éducation, et ce avec beaucoup de fautes de français.