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Un voyage au royaume du flou et de la beauté suprême

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 25 avril 2008 à 9:22
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Un voyage au royaume du flou et de la beauté suprême
Alexandre Désilets transpose l'imagerie du cinéma et des arts visuels dans sa planante musique. (Photo: Florence Mennessier)
Un voyage au royaume du flou et de la beauté suprême
L'ancien étudiant du Collège St-Alexandre Alexandre Désilets partage ses rêves planants et sa passion pour l'imagerie cinématographique sur son premier album, Escalader l'ivresse. Entretien avec un marchand de sable éveillé, un prospecteur de paradoxes.
Avant de pouvoir inscrire son nom en noires lettres sur une pochette, l'Aylmerois d'origine a demeuré à Kingston cinq ans, à Québec trois ans et finalement, son bateau s'est échoué à Montréal. «La première chose que j'ai faite à Montréal a été de la musique. En 2000, j'ai réalisé l'album du projet Funami, où je faisais aussi des arrangements avec ma voix. Ça m'a aussi permis de voyager, car on a fait le mixage au Portugal. Ensuite, on a fait un transfert à la scène en 2005», raconte-t-il.

Le succès imprévu de l'album anglophone Vocophilia de Funami fait connaître le musicien et chanteur de 33 ans. Le Cirque du Soleil a même retenu pour son documentaire Fire Within quelques morceaux de cette expérience multi-sensorielle, enrichie par la voix fondue et raboutée d'Alexandre.

Rentré au pays pour tenter sa chance en solo, en français cette fois, son avenir se dessine rapidement. Sa première compo, écrite en collaboration avec son ex-copine, J'échoue, fait un tabac dans divers concours: Ma première Place des Arts, Petite-Vallée et le Festival de la chanson de Granby tombent sous son charme aux couleurs brit-pop.

Cela fut bien suffisant pour remplir son entonnoir créatif. Cette «escalade de l'ivresse» est donc la somme de près de huit ans d'explorations subtiles et romanesques. «Ça arrive que je m'inspire de la poésie, mais c'est rare que je tombe sur un recueil qui me chamboule. Je m'inspire surtout du cinéma, de la photo et des arts visuels. Je passe par l'imagerie pour faire passer l'émotion; c'est ce qui me touche au cinéma ou quand je regarde un tableau. Ça me chamboule plus que le récit; quand je lis un livre, je décroche vite.»

«Pour la musique, je suis mon intuition. Je fais des combinaisons d'images, comme un mur et de l'eau, qui font une belle métaphore. Les mélodies vont avec le senti, car je crois que c'est avec la vibration qu'on va toucher les gens. C'est assez mathématique comme approche, mais ça te fait lever le poil sur les bras même si tu n'as pas nécessairement compris le texte. C'est dans le senti…», ajoute Alexandre.

S'il pianote souvent pour esquisser ses chansons, la voix demeure son instrument de prédilection. Les auditeurs québécois habitués aux interprètes à la gorge puissante découvriront ici une gorge caméléon, capable de nuancer et de passer d'une émotion à l'autre sans avertissement. La voix est si importante pour lui que la plupart des titres ont d'abord été construits a cappella avec des claquements de doigts! Ensuite, les arrangements de Jean Massicotte (Pierre Lapointe, Jean Leloup) et les notes des talentueux musiciens Serge Nakauchi Pelletier, du groupe Pawa Up First, Robbie Kuster (qui a joué avec Patrick Watson), Jean-Phi Goncalves (Plaster), Joseph Perrault (Pawa Up First) et Jérôme Hébert (Funami), se sont glissés sur cette voix. À noter qu'Alexandre a écrit tous ces airs planants…

«L'idée de l'album est d'ouvrir les portes, que ça vienne te chercher dans ton inconscient. Je n'ai pas une approche intello, je suis porté par la mélodie des mots, ces mots qui sonnent et qui font rêver. Ma musique est imprévisible, car je veux la faire vivre, laisser le temps aux gens d'entrer dedans…»

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