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Cent ans plus tard, Notre-Dame-de-la-Salette se souvient…

Marie Pier Lécuyer par Marie Pier Lécuyer
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Article mis en ligne le 26 avril 2008 à 21:58
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Cent ans plus tard, Notre-Dame-de-la-Salette se souvient…
Le maire de Notre-Dame-de-la-Salette, Roger Laflamme, vient de dévoiler le monument commémoratif. (Photo: Marie Pier Lécuyer)
Cent ans plus tard, Notre-Dame-de-la-Salette se souvient…
Cent ans après la tragédie qui a fait 34 morts dans la petite municipalité de Notre-Dame-de-la-Salette, près de 300 personnes s’étaient déplacées pour commémorer la mémoire de ceux qui y ont laissé leur vie, le 26 avril 1908.
Il y a exactement 100 ans, un des glissements de terrain les plus meurtriers du Canada survenait dans la petite municipalité de la Lièvre. Le village de Notre-Dame-de-la-Salette n’en était pas à ses premiers déboires lorsque les terribles évènements se sont produits. Entre autres, quelques années auparavant, la mine de phosphate située dans la petite municipalité avait fermée, forçant plus de 200 familles à quitter le village.

C’est donc près de 300 personnes qui habitaient l’endroit lors de la tragédie. Ainsi, près de 10% de la population est disparue en même temps que le glissement. La tragédie a débuté sur la rive ouest de la rivière du Lièvre. La terre, liquide à cause de l’eau, a provoqué le glissement de terrain qui a emporté quelques résidences. La quantité de terre tombée dans la rivière a par la suite causée une vague vers l’autre rive du village. «Le 26 avril 1908 était une nuit comme les autres pour les habitants du village. Ils étaient inconscients du danger qui menaçait leur vie. La terre porte toujours la cicatrice du glissement de terrain le plus meurtrier de l’histoire canadienne», mentionne le maire, Roger Laflamme.

Pour ce dernier, il est important de se rappeler de cette tragédie qui a marqué plusieurs familles. «Aujourd’hui, pour se rappeler, il n’y a qu’une croix de bois sur la rive ouest, à l’endroit de l’éboulis. Maintenant, il y a aussi un monument, puisqu’il est important de se rappeler de cet événement», souligne-t-il. Le monument, sur lequel est gravé le nom des 34 victimes, est situé sur la rive est du village, dans le parc commémoratif en souvenir de la tragédie.

Les quelques 300 personnes qui s’étaient déplacées ce soir pour commémorer, sous la pluie battante, les éboulis de 1908, ont pu assister au dévoilement de ce monument, pour ensuite assister à une messe, sous chapiteau, présidé par l’archevêque Roger Ébacher. Après la messe, les descendants des 34 familles sont descendus sur le bord de la rivière pour y déposer 34 roses blanches en compagnie du maire.

Le directeur régional de la Sécurité civile en Outaouais, Jacques Viger, a aussi profité du moment pour rappeler que le citoyen doit se préparer face aux risques de sinistre. «Le citoyen est le premier responsable de sa sécurité. Nous devons nous prémunir et nous préparer face aux risques», croit-il.

Ce dernier croit aussi qu’il est impossible de prévoir si d’autres événements du genre peuvent survenir en 2008, mais il soutient que les mesures sont beaucoup plus complètes en cas de sinistre. «Une tragédie comme celle-ci peut-elle survenir en 2008, nul ne peut l’affirmer. Ce qui est certain, c’est qu’on a fait des pas de géants en matière de prévention et d’intervention en cas de sinistre majeur», ajoute-t-il.

L’historien Pierre Louis Lapointe, dont certains membres de sa famille ont péri dans le drame, a mis en vente aujourd’hui le livre «Mon village, mes ancêtres», avec un chapitre «Seize ans de malheur», dans lequel le sujet est abordé.

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