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Wajdi Mouawad nous tend la main

Une saison 2008-2009 audacieuse et rafraîchissante

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 28 avril 2008 à 20:56
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Wajdi Mouawad nous tend la main
Wajdi Mouawad a décidé d’écrire la phrase «Nous sommes en guerre» sur le cahier de la saison 2008-2009 du Théâtre français du CNA, qui est illustré par le jeune artiste Emmanuel Bornstein. Pourquoi? Pour que les gens essaient d’avoir peur au théâtre, pour que l’expérience soit plus enrichissante et qu’ils gardent espoir en l’art!
Wajdi Mouawad nous tend la main
Une saison 2008-2009 audacieuse et rafraîchissante
On attendait cette première saison de Wajdi Mouawad de pied ferme. Et il a gavé les impatients lundi soir en leur présentant cet hétéroclite programme durant 90 minutes, dans une fantastique ambiance de communion qui décrit bien la relation que le directeur artistique du Théâtre français désire lier avec son public avide de découvertes.
Mystérieux, à grand galop entre la gêne et l’orateur de génie, Wajdi Mouawad a prouvé qu’un lancement de saison peut être autre chose qu’une mitraillette de dates et de «Oh»! «Ah»! Non, le Libanais niché à Ottawa effectue un large virage avant d’accoster avec les dates et les exclamations. Le genre de séduction qu’il opère depuis quelque temps, alors qu’il envoie des lettres aux spectateurs chevronnés, chez eux, pour se présenter, lui et sa vision humaine de la scène. Car avant de jouer, il faut vivre.

«Pour moi, un théâtre c’est une main. […] Tout d’abord, le pouce, c’est l’âme de tous ceux qui sont venus avant nous, les André, les Robert, les Denis… les spectateurs et leur esprit. L’index, c’est l’équipe du théâtre. Le majeur… je vous laisse deviner à quoi il sert! C’est le doigt central, le doigt du contestataire qu’est l’artiste. L’annulaire, c’est le public qu’on essaie de marier avec le majeur. Et finalement, le dernier doigt est le théâtre anglais, l’orchestre, la danse, chacune des disciplines qui inspirent le théâtre…»

Un théâtre est aussi un carré pour Mouawad, qui nous le décortique en nous faisant prendre conscience de la formidable machine créatrice qui pompe de l’huile derrière ces soyeux rideaux. «Chaque coin d’un carré a un rôle. Le premier, ce sont les spectacles créés qu’on accueille. Nous invitons des dialogues, des créateurs qui parlent avec leur spectacle. L’objet est le théâtre. Souvent, c’est pas bon, mais quand c’est bon, ça change nos vies. On ne vend pas de produits, on tente de changer nos vies.»

Ces œuvres venant d’ici ou d’ailleurs, les voici. Pour le Théâtre: Seuls (solo de Wajdi Mouawad), Cyrano de Bergerac vu par Marie Gignac, Krum (première pièce en 40 ans à être jouée en langue étrangère – ici le polonais – au CNA, une initiative que répètera annuellement Mouawad), Le Dragon bleu de Robert Lepage, qui clôt ici sa trilogie des Dragons et Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face, l’histoire jamais racontée de la naissance d’Œdipe écrite par Wajdi Mouawad.

Au studio, l’équipe du Théâtre français a réussi à mettre la main sur: Manifeste, un événement-spectacle dont les quatre représentations seront différentes, Oh les beaux jours d’André Brassard, d’après Samuel Beckett, avec Andrée Lachapelle, Au moment de sa disparition, Je voudrais me déposer la tête et la nouvelle création de Marie Brassard, L’invisible.

La série jeunesse quant à elle a été dressée par Benoît Vermeulen, pointure en frais de théâtre pour enfants et ados. Petit monstre, Lettres d’amour de 0 à 10, Garde-robe, Le porteur, Une histoire pour Édouard et Baobab raviront les petits comme les plus grands.

D’ailleurs, ces jeunes représentent le deuxième coin du carré de Wajdi Mouawad. «Je voulais accorder une place privilégiée aux enfants, ce qui veut dire investir de l’argent et créer des activités. Le choix des œuvres a été fait par un artiste, qui a réfléchi sur les enfants et qui s’est demandé comment amener les jeunes à être les spectateurs de demain de façon ludique et forte, pas de façon scolaire.»

Les deux autres coins sont les «étrangers», qui nourriront le public de leur culture, et le directeur artistique lui-même, qui a fait la promesse personnelle de toujours faire voir ses créations aux amateurs de théâtre de la région… de 3 à 99 ans.
Pour d’autres détails, www.nac-cna.ca. Ne manquez pas demain une entrevue avec le maître de céans sur Info07.com!

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