Les p’tits chefs de l’école St-Michel de Montebello.
Des délices de p’tits chefs à l’école St-Michel
Les élèves de la classe de soutien en apprentissage et insertion sociale (SAIS) de l’école St-Michel cuisinent des repas pour les écoliers le vendredi midi.
Ce projet a permis aux élèves souffrant de déficience intellectuelle de remporter le prix coup de cœur dans le cadre du Gala Outaouais du Concours québécois en entrepreneuriat. Ils iront donc représenter la région à Québec le 19 juin prochain.
Leur professeur, Luc Lafrenière, détient une formation de cuisinier. «Nous préparons des repas complets : du pâté chinois, de la lasagne, des vols au vent et des desserts, précise-t-il. Nous servons entre 30 et 50 repas par semaine.»
Ce projet permet aux jeunes d’acquérir une certaine discipline.
«Nous avons un horaire établi, explique M. Lafrenière. Le lundi, nous analysons les brochures des épiceries locales. Le mardi, nous faisons l’épicerie. Parfois, nous commençons à préparer les repas, le jeudi dont les biscuits. Puis, le vendredi, nous terminons le tout et servons les mets.»
Pour ce faire, quelques élèves du régulier viennent aider le groupe de SAIS. «De cette façon, l’intégration s’effectue facilement, mentionne M. Lafrenière. De plus, c’est extrêmement valorisant pour mes élèves de se faire féliciter par des jeunes du régulier pour leur travail.»
Les repas se vendent au coût de 3,50 $ par assiette. «Certains parents m’ont remercié parce qu’ils ne sont plus obligés de préparer une boîte à lunch le vendredi», souligne M. Lafrenière.
Il est important de noter qu’il n’y pas de cafétéria à cette école, les Délices des p’tits chefs répond donc à un besoin.
«Pour mes élèves, c’est une façon de devenir autonome, explique M. Lafrenière. Certains d’entre eux aident maintenant leur parent à éplucher les patates. J’essaie également de leur inculquer que cuisinier n’est pas stressant.»
Une fois les repas servis le vendredi midi, les élèves ont droit parfois au visionnement d’un film ou à une sortie à la crémerie. «C’est une récompense pour le travail accompli», souligne M. Lafrenière.
L’idée de cette entreprise est survenue après une visite au verger. «Nous avions cuisiné une croustade aux pommes à notre retour et les élèves désiraient en avoir», affirme M. Lafrenière.
Celui-ci est professeur à cette école depuis septembre 2007. «Je me sens à ma place ici et j’espère y être jusqu’à ma retraite», indique-t-il.