Les deux enfants porte-paroles du Défi Leucan Outaouais 2008, Rose Héloïse Côté et Magdaléna Greffard, ont bien hâte au 8 juin. (Photo: Daniel LeBlanc)
Apprendre à côtoyer la maladie tout en nageant dans le bonheur et la jeunesse!
À quelque jours de la tenue du Défi têtes rasées 2008 de l’Outaouais, La Revue a rencontré les enfants porte-parole de l’événement qui aura lieu le 8 juin, Magdaléna Greffard, 7 ans, et Rose Héloïse Côté, 16 ans. Assises bien confortablement dans l’univers du Musée canadien des enfants pour les besoins de l’entrevue, celles-ci espèrent bien que le cap des 300 cocos rasés et du 150 000$ sera atteint!
Elle qui adore le chant, la danse, la lecture, le patin artistique, la gymnastique, le soccer et les petites batailles avec son papa adoré, la petite Magdalena, qui va bientôt terminer sa première année du primaire à l’école St-Pie X de Papineauville, sourit et parle tellement qu’on ne saurait croire qu’elle souffre d’une très rare maladie: le cancer de Wilms bilatéral. Lorsqu’elle n’avait que sept mois, un médecin a senti une bosse dans son ventre. C’est à ce moment que tout a commencé… On a dû l’opérer à trois occasions pour ses reins et une fois pour un blocage intestinal, et elle a presque failli y laisser sa peau.
«L’un des plus grands gestes d’humilité qu’on a eu de la part d’un médecin, c’est à Ottawa, lorsqu’un d’eux nous a dit qu’il ne pouvait l’opérer, car c’était trop risqué», affirme sa mère, Nathalie. Elle ajoute que c’est finalement le docteur Pippisallé, un Brésilien d’origine, à l’Hôpital de Montréal pour enfants, qui a réussi, grâce à ses doigts de fées, à préserver une partie des reins de sa fillette. Aujourd’hui, Magdaléna va beaucoup mieux et doit prendre deux pilules par jour. Dans quelques mois à peine, cela fera six ans que ses traitements sont terminés.
Rose Héloïse, qui complète son avant-dernière année à l’école secondaire Mont-Bleu, a quant à elle été diagnostiquée avec la maladie de Hodgkin, un cancer qui affecte le système lymphatique, il y a à peine plus de 12 mois. Son entourage avait remarqué qu’elle était beaucoup plus fatiguée et amorphe depuis quelque temps. Elle s’est donc rendue à l’Hôpital des enfants de l’est de l’Ontario, où on lui a annoncé cette nouvelle après lui avoir fait passer une biopsie. Depuis, elle a subi des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, en plus de diverses autres épreuves, mais ça va maintenant mieux. Elle est en rémission.
Elle qui a deux frères, Gabriel Antoine et Émilien Clovis, en plus d’une sœur, Lovanie Anne, l’adolescente de 16 ans a même pu se rendre sur une île paradisiaque, soit Hawaï, en novembre, pour y faire du surf pendant sept jours accompagnée de 30 autres jeunes ados ayant eu le cancer. C’est la Fondation Sunshine Kids qui lui a offert ce cadeau. «Je n’avais jamais fait de surf et je vais me rappeler longtemps de ce voyage», dit la principale intéressée, qui est aussi une passionnée de basketball (elle joue dans deux équipes: civil AAA et scolaire) et d’arts plastiques.
Le duo Magdaléna - Rose Héloïse espère de tout cœur que le public de la région prendra quelques minutes de son temps, le 8 juin, pour penser aux enfants qui doivent composer au quotidien avec la maladie. «Est-ce que vous pouvez dire oui et venir car les enfants malades ont très mal. Si vous avez des amis ou de la famille qui ont le cancer, vous pouvez les aider», lance la fillette de Papineauville, tout en dégustant du popcorn. Rose Héloïse, elle, pense que le rasage des cheveux est un geste tellement simple. «Pour eux, c’est un petit geste. Ça repousse des cheveux et en même temps, c’est un geste solidaire. En plus, c’est drôle», affirme-t-elle.
Que la maladie les affecte ou non, les jeunes ont tout à fait le droit de rêver. Dans le cadre de l’entrevue, nous avons demandé aux deux jeunes porte-parole du Défi têtes rasées 2008 en Outaouais quels seraient les trois souhaits qu’ils aimeraient voir exaucés si un génie apparaissait devant elles avec une lampe magique. En réponse à cette question, Magdaléna ne demande pas la lune. Elle voudrait se retrouver un jour sur une scène pour chanter devant un tas de gens, être en pleine santé et veiller à écouter les précieuses consignes de sa maman. De son côté, la jeune femme qu’est Rose Héloïse n’est guère plus exigeante, mais se permet d’ajouter une touche d’aventure à ses vœux. En effet, en plus de se souhaiter une santé sans taches, elle aimerait bien faire un saut en parachute et partir faire le tour du globe.
Et les parents dans tout ça?
On en entend moins parler car ils sont davantage dans l’ombre, mais qu’en est-il des parents? Comment réagit-on lorsqu’on apprend que celui ou celle qu’on a mis au monde et qu’on chérit est malade? «Moi, je ne m’attendais à rien de dramatique, au tout début. C’était une visite de routine. Mais quand on m’a annoncé que mon bébé avait le cancer, je me suis sentie comme dans un tordeur. Ç’a été un choc, mais cela a duré une demi-heure. Le vrai choc est plutôt survenu lors de la première opération», soutient la mère de Magdaléna, Nathalie. Par la suite, elle dit s’être retroussé les manches et avoir décidé de tout faire pour accompagner sa fille dans cette dure épreuve même s’il ne s’agit pas de la voie qu’elle avait choisie pour elle.
Quant à Chantal, la mère de Rose Héloïse, elle avoue avoir cru au tout début que sa fille souffrait d’une simple mononucléose, mais quand elle a vu six à huit spécialistes entrer dans la chambre d’hôpital, l’an passé, pour lui annoncer le diagnostic, elle s’est tout de suite dit que sa fille allait y laisser sa peau. «Je me suis sentie très mal, mais ç’a été un espoir pour moi d’entendre le médecin me dire qu’il s’agissait d’un cancer très facile à traiter, et que Rose Héloïse était une excellente patiente, qui coopère bien et qui est bien entourée», note-t-elle.
D’ailleurs, elle dit être bien d’accord avec le père de Magdaléna, Denis, pour dire que pendant et après que notre petit univers familial ait ainsi bousculé, les priorités et l’échelle des valeurs changent vraiment. «Demain devient un mystère», commente ce dernier. Également, leur vision a changé lorsqu’ils visionnent, par exemple, des événements tels que le Téléthon Opération Enfant Soleil. «On regarde ça avec plus de compassion et d’empathie qu’avant, c’est certain. Mais en même temps, on réussit à dédramatiser un peu les choses parce qu’on l’a nous-mêmes vécu», dénote Chantal.
Le Défi têtes rasées a été initié il y a sept ans en Montérégie, par l’homme d’affaires Serge Tremblay. Depuis, l’activité a fait boule de neige, car la majorité des régions de la Belle Province y prennent part. En 2007, les records sont tombés puisqu’un peu plus de 6500 têtes ont été rasées et environ 3,4 millions $ en dons ont été amassés. La porte-parole provinciale de la cause est la comédienne Michèle Barbara Pelletier, qui s’est elle-même fait raser le «coco» en février et qui a amassé à elle seule la somme de 10 000$. Dans la région, jusqu’à présent, déjà la moitié des 300 personnes souhaitées se sont inscrites au Défi. Même l’un des frères de Magdaléna, Léandre, 10 ans, posera un geste d’amour envers sa petite sœur dans dix jours…
Rappelons qu’il est toujours possible de s’inscrire au Défi têtes rasées 2008, qui aura lieu aux Promenades de l’Outaouais, sur le site web
www.tetesrasees.com ou en remplissant un formulaire disponible à l’intérieur des dépliants de l’activité, disponibles chez la plupart des commanditaires ainsi qu’au bureau de Leucan. Il est aussi possible de faire un don en ligne, jusqu’en septembre, sur le site web, ou par téléphone au 1 800 361-9643.