Louise Poirier
Du carburant qui coûtera cher à la STO
Incapable de s'entendre avec son fournisseur de diesel, la Société de transport de l'Outaouais (STO) devra vraisemblablement débourser plus de trois millions $ supplémentaires pour gazer ses autobus en 2008.
C'est un montant additionnel qui correspond à 50% de la somme prévu de six millions $ dans le budget 2008. En avril, la STO avait tenté de diminuer l'impact de cette hausse des prix du carburant en commençant des négociations avec son fournisseur pour geler le prix pour une certaine période. Elle a par contre essuyé un refus de ce fournisseur, qui croit plus avantageux de continuer avec le marché volatil qu'on vit présentement.
C'est pourquoi la STO prévoit maintenant que son manque à gagner, qui se situe à 400 000$ après les quatre premiers mois de 2008, atteindra les trois millions $. «Ça pourrait aller encore plus haut», ajoute la présidente de la STO, Louise Poirier.
Ce qui obligera la société de transport à prendre des décisions importantes dans les prochaines semaines. La STO a une réserve qui pourra permettre d'éponger ce manque à gagner pour quelque temps, mais pas la facture globale.
«On suit de près la situation, affirme Mme Poirier. Il va falloir des sommes supplémentaires. On va tenter de trouver ces sommes à l'intérieur de notre budget d'abord. Et ensuite, on va se tourner vers nos bailleurs de fonds.» Ces bailleurs, ce sont la ville de Gatineau, les usagers et le gouvernement.
Questionnée sur une possible hausse des tarifs en 2008, Louise Poirier indique que c'est une solution qui est possible, mais qu'il n'y a aucune décision de prise de ce c ôté. «On réfléchit beaucoup à ce dossier-là.»
C'est que la décision d'augmenter les tarifs pourrait avoir des impacts sur certains usagers. «On sait qu'on a des usagers qui pourraient se permettre une hausse, mais il y en a d'autres où chaque hausse a un impact important.»
Augmentation de la clientèle
La hausse du coût du carburant n'a pas eu que des impacts négatifs sur la STO. Elle a aussi contribué à une forte augmentation de la clientèle qui est de 9,6% pour le mois d'avril seulement, une hausse record selon Louise Poirier.
«Le carburant y est pour quelque chose, affirme-t-elle. Ça augmente nos revenus, mais pas assez pour venir combler le manque à gagner.» C'est qu'à partir d'un certain point, l'augmentation de la clientèle dans le transport en commun entraîne plutôt des nouvelles dépenses, pour l'ajout d'autobus et l'embauche de nouveaux chauffeurs.
D'ailleurs, la STO pourrait bien être obligée d'ajouter de nouveaux services cette année ou l'an prochain, en plus des ajustements annoncés pour l'automne prochain (voir autre texte), pour réussir à répondre à cette augmentation de son achalandage.