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Voyez l'église St-Benoit-Abbé transformée et écoutez d'autres commentaires...
La traversée du désert est terminée pour la maison Mathieu-Froment-Savoie!
Des larmes ont coulé sur les joues de bien des gens impliqués dans la relocalisation de la seule maison de soins palliatifs de l'Outaouais mercredi matin, quand les travaux d'inauguration en l'ancienne église St-Benoit-Abbé de la nouvelle maison Mathieu-Froment-Savoie ont été soulignés avec beaucoup d'émotion.
Une saga interminable qui n'est plus. Une traversée du désert chargée de pression, intenable par moments, qui s'achève. Oui, les sourires n'étaient pas rares en cette grande journée. La directrice générale Suzanne Fitzback et le président du conseil d'administration, Jean-Paul Corriveau, n'ont pu retenir des larmes de joie alors que les portes de la défunte église sise sur le boulevard Moussette ont été ouvertes pour la première fois à la presse.
À l'intérieur, le lieu de culte est méconnaissable; l'écho des sermons retentit toujours, mais on commence d'hors et déjà à transformer l'édifice en havre de paix comprenant 11 chambres privée, quelques salons, une aire de recueillement, etc., pour une centaine de personnes par année, qui se procureront un doux billet pour le grand voyage… Le dernier voyage, pour lequel les bénévoles et infirmières de la maison MFS connaissent les meilleurs forfaits!
Suzanne Fitzback semblait elle-même surprise que la saga se termine enfin: «Je suis partie un an (en 2006) parce que je pensais que j'étais presque un empêchement! J'étais à la maison depuis 1994 et j'avais donné beaucoup. Je me suis dit 'Je vais donner la place à quelqu'un d'autre', mais ça n'a pas été mieux, il y avait les mêmes embûches. Je suis revenue et en novembre 2007, ç'a débloqué! Je m'étais dit 'Ce n'est pas vrai qu'on va revivre les mêmes obstacles!».
Après avoir niché plusieurs années sur la rue du Couvent dans le secteur Aylmer, la maison MFS emménage donc dans une paisible église. «Je voyais la maison à l'intérieur d'une structure religieuse, j'avais rêvé à ça, avoue Jean-Paul Corriveau. Et quand j'ai entendu pour la vente des églises, je me suis dit 'C'est là que ça part!' C'était comme une impression de déjà-vu.» Le président du c.a. n'était pas gêné de mouiller ses yeux devant le public, surtout que le président de la campagne de financement de la nouvelle maison MFS, Raymond Brunet, venait d'annoncer qu'un million $, soit le tiers de l'objectif, était dans les coffres.
Le nouveau nid à Mathieu
Pour la mère de Mathieu, la pianiste Pierrette Froment-Savoie, cet événement est la réalisation d'un rêve. En plus des bienfaits que la maison entraîne auprès de la population, elle est heureuse que le nom de son fils et sa mémoire soient aussi utiles. «C'est sa manière d'être connu et de continuer à vivre avec nous», note-t-elle.
Et le fait que le patronyme de son fils soit dorénavant affiché sur la façade de l'ancienne église de sa jeunesse (elle a grandi dans le quartier Wright-Parc-de-la-Montagne) revêt une saveur particulière. «Je suis née dans ce quartier et Mathieu connaissait bien le coin, il est souvent entré dans cette église…»
Pierrette Froment-Savoie est aux anges de savoir que ce lieu de culte sera le futur nid douillet de son Mathieu. «Dans cette église, on est plus près d'une autre vie, d'une vie meilleure. Quand il était dans le coma, je lui disais qu'on allait le revoir un jour, qu'il reverrait son grand-père, sa grand-mère, et on sentait qu'il était plus paisible.» Pour elle, c'est un retour aux sources pour Mathieu et un nouveau départ pour la maison MFS, qui est mieux située que jamais pour desservir la population.