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Danse entre l'œuvre et le visiteur

Exposition «Viens danser ce tango d'amour» à la Galerie Montcalm

Marie-Eve Bouchard par Marie-Eve Bouchard
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Article mis en ligne le 29 mai 2008 à 14:23
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Danse entre l'œuvre et le visiteur
Exposition «Viens danser ce tango d'amour» à la Galerie Montcalm
Avec l'exposition Viens danser ce tango d'amour, impossible pour le visiteur de regarder de façon contemplative les œuvres grand format de l'artiste-peintre originaire de Hull, Michel Martineau. Comme dans le tango, le visiteur doit bouger, s'imprégner et presqu'à la limite toucher l'œuvre pour mieux la saisir et l'admirer.
L'exposition qui a débuté ce jeudi est présentée conjointement avec la Galerie Jean-Claude Bergeron qui, elle, offrira ses murs aux œuvres petit format de l'artiste, du 15 au 29 juin. Les deux expositions se chevaucheront et se termineront donc en même temps. «Le public pourra donc se déplacer entre les deux galeries pour voir les œuvres de M. Martineau», explique Dominique Laurent, responsable des lieux de diffusion en arts visuels de la ville de Gatineau.

Il y a aussi une troisième exposition, au Centre de Créativité le Gèsu à Montréal jusqu'au 23 juillet pour compléter le tout. Les trois expositions tournent autour du même thème et sont toutes des œuvres assez récentes, soit depuis 2004. «L'artiste a donc travaillé très fort au cours des dernières années et marque un tournant dans l'évolution de la carrière de l'artiste», affirme Mme Laurent.

En fait, comme l'explique Dominique Laurent, le travail artistique de Michel Martineau se divise en trois grands mouvements, chacun représentant une période de plus ou moins dix ans. Après une période de recherche où les découpures de journaux et les images empruntées à l'univers télévisuel ou cinématographique sont omniprésentes, Michel Martineau s'intéresse au numérique. «Mais il constate que ce médium est plutôt froid, statique, qu'on se contente de gober tout simplement. Alors, il revient aux sources, à la peinture, parce qu'il veut communiquer de nouveau avec les gens, parce qu'il veut qu'ils se sentent concernés par ses créations», explique Dominique Laurent.
Un côté festif et humain
Le thème de l'exposition est d'ailleurs inspiré par une relation humaine. «L'atelier de Michel est situé dans un grand loft industriel de Montréal avec de grandes portes de garage. Chaque jour, il voyait passer une vieille dame avec son chien. Un jour, cette vieille dame s'est mise à arrêter pour lui raconter quelques anecdotes de sa vie. Puis, elle n'est plus venue… Des gens de sa famille se sont présentés au loft avec une boîte de vieux 78 tours en lui disant que la vieille dame était décédée, mais qu'elle aurait certainement aimé savoir que ses 78 tours sont maintenant entre ses mains. Parmi cette boîte, il y avait un disque avec une pièce qui s'intitulait Viens danser ce tango d'amour et c'est ce qui a inspiré cette exposition», raconte Mme Laurent.
Tout comme le fait que l'on doit se déplacer pour pouvoir admirer avec justesse les œuvres de Michel Martineau qui sont, ce qu'on appelle dans le milieu, des polyptyques. «Ce sont comme des mosaïques, alors qu'on retrouve plusieurs panneaux assemblés ensemble pour former une grande œuvre. Michel Martineau travaille ainsi non pas parce qu'il ne trouve pas de toiles assez grandes pour ses œuvres, mais bien parce qu'il aime cet aspect de construction puis aussi parce qu'il aime récupérer d'anciens tableaux et les inclure dans de nouvelles œuvres.»

Une technique peu commune, qui corse de beaucoup le travail pour les historiens de l'art qui sont incapables de dater l'œuvre précisément, mais qui permet une transparence, une densité aux tableaux. «Quand on s'approche du tableau, on peut voir des fantômes de l'œuvre d'avant qui volontairement remontent à la surface», précise Mme Laurent.

Michel Martineau aime également trafiquer ses colorés tableaux, qui ont inconsciemment un lien de parenté avec l'héritage de Dallaire, avec des images numérisées. «Un peu comme le copier-coller sur l'ordinateur. Si bien qu'on ne sait plus trop ce qui est de la peinture, ce qui est de la numérisation. Tout cela a un côté dérangeant et nous réfère à l'irréalité de la matière», estime Dominique Laurent.

Question d'enrichir le côté festif des œuvres de Michel Martineau et parce qu'elle est toujours partante pour s'amuser, la directrice de la Galerie Montcalm a eu le réflexe de sortir l'idée du tango de l'exposition et de le rendre bien vivant. Ainsi, une école de tango d'Ottawa, qui souhaite ouvrir une école à Gatineau sous peu, sera présente lors du vernissage, le 30 mai, avec une démonstration des trois types de tango: argentin, valse-tango et milonga. «Il y aura évidemment de la musique tango pour accompagner l'exposition», souligne la responsable de la Galerie Montcalm.

Quant à la prochaine exposition, celle qui se déroulera pendant la saison estivale, la Galerie Montcalm accueillera le Conseil de la sculpture du Québec, dont le siège social est nouvellement établi à Gatineau. L'exposition collective présentera une quarantaine d'œuvres sélectionnées de ses membres avec le but affirmé de faire découvrir la sculpture contemporaine aux visiteurs sous toutes ses formes. L'exposition qui débutera le 10 juillet sera jumelée à l'exposition Recycl'art de Montpellier qui elle débutera le 12 juillet.
Viens danser ce tango d'amour de Michel Martineau à la Galerie Montcalm (25, rue Laurier, secteur Hull) du 29 mai au 29 juin.

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