Disparition des nouvelles à TQS: inacceptable selon les syndicats
Le syndicat des employés de RNC Média (SCFP), le Conseil régional de la FTQ et la section outaouaise de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ont levé simultanément les boucliers vendredi matin, à quelques jours du début des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Les trois organisations ont clairement fait entendre que le CRTC devrait refuser l'offre d'achat du réseau TQS par Remstar comme elle est présentée, car les bulletins de nouvelles et un minimum de quatre emplois disparaîtraient en septembre. Remstar demandera aussi la prolongation de sa licence jusqu'en 2015. «Ce matin, nous sonnons l'alarme, car nous croyons que l'information régionale est en danger et nous essaierons de faire comprendre cela au CRTC la semaine prochaine», a dit le président de la section locale 3617 de la SCFP, Jean-Yves Bouchard, qui était accompagné par les représentants Marc Gauthier (FPJQ) ainsi que Dino Lemay et Patrick Langevin (FTQ).
Selon eux, il serait difficile à comprendre que RNC Média appuie la transaction à Remstar, car le contenu de cette affaire va à l'encontre de la mission de la compagnie. «À nos yeux, une télévision généraliste a l'obligation de produire des informations locales et régionales, avec une vraie salle de nouvelles et des journalistes sur le terrain qui nous informent de ce qu'il se passe dans notre communauté. […] C'est primordial dans une région comme la nôtre», a indiqué Patrick Langevin.
«RNC Média ne serait plus en mesure de remplir ses engagements auprès du CRTC et de la communauté qu'elle dessert, poursuit Jean-Yves Bouchard. En effet, la programmation de TQS n'offrirait plus de fenêtre pour la diffusion locale de bulletins d'information. RNC Média doit répondre à certaines conditions si elle veut garder son antenne de CFGS-TV; elle doit notamment produire 1h15 d'informations locales par semaine.»
Des dangers imminents
En plus de s'évanouir, les bulletins laisseraient leur place à des émissions de commentaires avec les Stéphane Gendron, Pierre Mailloux et compagnie, qui sont reconnus pour trancher les débats avec leur opinion personnelle et qui sont passés maîtres de l'information-spectacle.
Selon Marc Gauthier, c'est avancer dans la direction contraire à la vocation première des médias, qui est d'informer en donnant plusieurs points de vue sur un sujet. «C'est comme si on était dans une réunion de famille et qu'on demandait à un des membres d'arrêter de parler. La conversation en prendrait pour son rhume et tout le monde en souffrirait. Ici, c'est la collectivité qui en paie le prix.»
Le syndicat des employés de RNC Média (anciennement Radio-Nord Communications) représente des journalistes, des opérateurs, des caméramans, des monteurs, des preneurs de son, des réalisateurs, des rédacteurs, des techniciens et des secrétaires-réceptionnistes; des artisans qui voient à la diffusion de nouvelles locales qui vont toucher les gens dans leur communauté.
Point qu'a souligné Dino Lemay avec force en affirmant que le public, surtout les plus démunis, pâtira si cette transaction est conclue. Selon lui, c'est grâce à l'information médiatique locale que des organismes tels que Centraide peuvent se faire connaître et survivre.
La délégation outaouaise devrait être entendue mercredi le 4 juin lors des audiences du CRTC.