The Lost Fingers redonne de la noblesse à de grands succès des années 80
Un premier album pour le groupe de Québec
Il fallait de l'audace et surtout une bonne dose de créativité pour voir dans les vieux succès des années 80, une quelconque ressemblance avec le jazz manouche. Les trois gars du groupe originaire de Québec, Lost Fingers s'y sont amusés, si bien, qu'ils ont un premier disque entre les mains avec Lost in the 80's
D'un duo entre Christian Roberge et Byron Mikaloff dans un restaurant où les standards jazz les ont menés vers la musique de Django Reinhardt, en passant par l'ajout d'Alex Morissette au projet, jusqu'à un concert de cinq chansons pour une émission de radio, The Lost Fingers a vu le jour.
The Lost Fingers n'a pas vraiment de compositions, c'est plutôt vers les reprises à la mode manouche que se spécialise le groupe qui existe depuis moins de deux ans.
Pour les trois membres du groupe, la musique des années 80 est synonyme de nombreux souvenirs. «La musique de ces années a laissé de petites marques, ce sont des trucs que l'on entendait à l'âge où on était des éponges», se rappelle le contrebassiste, Alex qui se souvient particulièrement de Pump up the Jam qui était LA chanson familiale.
Alors que pour Byron, la musique des années 80, c'est son père qui était entraîneur de gymnastique à l'époque. «Moi, je me souviens avoir fait une chorégraphie de danse avec Jorane sur une chanson de Paula Abdul en cours de danse jazz», ajoute Christian.
Bref, pour toutes ses raisons et parce qu'ils se disaient bien que ce devait être le cas des autres qui les entourent, The Lost Fingers a donc misé sur ce premier album en donnant une touche de jazz manouche à des pièces comme Fresh, Shook Me All Night Long, Touch Me, Tainted Love, Incognito, You Give Love a Bad Name et bien d'autres encore…
«On s'y est pris par essais et erreurs. Il y en avait qui marchaient plus que d'autres comme Venus, Sweet Dreams et Sunglasses At Night qui ne fonctionnaient pas, puis d'autres que nous avons gardés encore sur la table de travail comme Dr Feelgood, One et What a Feeling… et il y en d'autres qui s'ajoutent pour le spectacle, précise Alex. On a vraiment choisi les pièces d'abord par des coups de cœur, ceux qu'on avait un peu honte d'aimer lorsqu'on était plus jeune. Mais plus maintenant parce qu'on leur a donné une nouvelle peau, une nouvelle couleur et qu'avec ça, on est content de les réentendre», affirme Alex.
Puis le côté 'vintage' du groupe se répand jusqu'en dans le look du groupe qui revêt un costard classique gris, avec une chemise rose fluo, une cravate métallique, des pantalons noirs et des souliers blancs! «The Lost Fingers, c'est un projet artistique et on n'aurait pas le même punch si on arrivait avec des t-shirts», estime Byron.
Le groupe se promènera donc en spectacle un peu partout au Québec, surtout dans des festivals pendant l'été. Quant à d'autres albums du genre, le groupe songe à un autre album sur les années 80 ou encore un album double avec les années 90, le grunge dans un et le dance dans l'autre. «Mais il est encore un peu tôt pour en parler…», affirme Christian.
Quant au nom du groupe, il tire d'abord son histoire du célèbre guitariste de jazz manouche, Django Reinhardt, qui a perdu deux doigts à l'âge de 18 ans lors de l'incendie de sa roulotte. Si bien qu'il a développé une technique bien personnelle à deux doigts en moins, qui est maintenant reproduite par plusieurs guitaristes. «Nous sommes un peu comme ses deux doigts perdus», suggère Christian.
The Lost Fingers sera de passage en Outaouais lors du Festival de montgolfières de Gatineau, le 31 août prochain.