Une question de principe pour Gatineau
«Dans ce poste, il n'y a pas de petits bris de confiance, il y a un bris. Il n'y a pas de petites fautes, il y a faute.»
C'est dans ces termes que le maire de Gatineau, Marc Bureau, a expliqué mercredi matin pourquoi les membres du conseil ont voté, à 10 contre 6, pour contester la décision de la Commission des relations de travail de réintégrer la vérificatrice générale, Sophie Lachance. «Il y a des coûts et il y a des principes, a confié le maire. Les principes, pour une fonction comme celle-là, c'est important.»
Le maire estime que la décision rendue par la Commission des relations de travail ne tient pas compte des principes fondamentaux de confiance et d'intégrité absolue qui doivent lier une administration publique et son vérificateur général. «On n'a pas été entendu correctement. On veut faire valoir nos principes.»
«Le lien de confiance demeure rompu, a ajouté le maire. La vérificatrice générale a fait montre d'un manque de jugement. Elle a menti au vérificateur externe. C'est un comportement indigne de cette fonction. L'exemplarité est de mise.»
Opposition
Le conseiller Denis Tassé, membre du Comité de vérification, a voté contre cette décision. Il a ajouté ce matin qu’il faisait partie de ceux qui étaient aussi contre le congédiement en novembre, mais qu'il s'était rallié à ses collègues.
«Il y a des choses qui ne sont pas encore totalement claires, a-t-il mentionné. Moi je disais qu'il fallait laisser la Cour supérieure juger du travail de vérificateur général.» Rappelons que Sophie Lachance s'était présentée devant les tribunaux pour définir le droit de sa fonction d'avoir des frais de représentation, entre autres.
«Il y a eu certaines erreurs de jugement, a ajouté M. Tassé. La question est de savoir si ça méritait un congédiement.» Le conseiller a par contre refusé de dire s'il avait toujours confiance en la vérificatrice générale.
Le conseiller Pierre Philion a pour sa part mentionné que la ville s’acharnait sur Sophie Lachance. «Rendu à ce stade-ci, c’est de l’acharnement contre Mme Lachance. Elle mérite sa chance, qu’elle vienne faire son travail. On n’avait rien à lui reprocher sur son travail.»
Le conseiller est revenu sur la décision de la Ville de congédier la vérificatrice générale en novembre dernier. «Quelques minutes avant, la majorité des membres étaient contre la destitution, a-t-il affirmé. Ça vient de nous coûter près de 100 000$ et pourtant on avait des experts qui disaient qu’on était blindé.»
Questionné sur l'opposition de certains conseillers, le maire a indiqué qu'il s'agissait de démocratie et qu'il respectait leur décision. Sauf dans le cas de Pierre Philion qui a commenté en conseil mardi soir. «On a passé quatre heures à en discuter hier et il n'a participé en aucune manière. Il n'est pas au courant du dossier.»
La suite du dossier
En contestant cette réintégration, Gatineau ne souhaite pas que Sophie Lachance reprenne ses fonctions lundi comme prévu. Des discussions sont prévues avec son avocat pour une entente. Sinon la Ville entend demander à la Commission de sursoir à la réintégration. Une décision qui devrait venir rapidement.
Par la suite, Gatineau pourrait poursuivre ses démarches pour embaucher un vérificateur général par intérim en attendant que cette révision soit complétée. La Ville a déjà l'approbation de la ministre pour aller de l’avant avec cette démarche qui était amorcée avant même la décision.
Si elle était déboutée devant la Commission des relations de travail, Gatineau pourrait décider d'aller devant la Cour supérieure pour tenter d'obtenir gain de cause. Mais toute décision en ce sens demandera un nouveau vote du conseil, affirme le maire.