Quitter la terre ferme pour trois jours de canot… (Photo: Dominique Poirier)
Dix-huit jours hors du commun!
Dix-huit jours de plein air, sous le soleil éclatant ou la pluie diluvienne. Dix-huit jours à découvrir l'Outaouais, mais surtout à se découvrir soi-même. Dix-huit jours, voilà le nom d'un cours dispensé depuis 30 ans au Cégep de l'Outaouais, qui a, au fil des années, marqué une foule d'étudiants qui ont participé à ce séjour hors du commun.
«C'est un beau test personnel, pour tester ses limites. C'est un trip d'équipe aussi. On va tous revenir chez nous et on va être totalement différent», résume Laurence Vézina-Laprise.
Cette dernière, ainsi que 41 de ses collègues étudiants, étaient partis depuis sept jours lorsque La Revue les a rencontrés. Sept jours à combattre l'humidité et les mouches, sept jours à vivre au rythme du soleil, à manger de la nourriture généralement végétarienne, à dormir à quatre ou cinq dans des tentes ou carrément sous la bâche, et à se débrouiller avec des moyens plus souvent qu'autrement très basiques.
Partis le 26 mai dernier, ces collégiens avaient déjà fait trois jours de vélo et deux jours de randonnée pédestre. Au moment de la rencontre, ils s'apprêtaient à vivre trois jours de canot, un peu à la manière des explorateurs d'autrefois. Ensuite viendront d'autres défis, dont une randonnée en canot voyageur sur la rivière des Outaouais. Entre-temps, ils auront eu droit à différents ateliers de géologie, de premiers soins, de cartographie, d'ornithologie, et plus encore.
«On peut décrire tout ce qu'on fait, mais en réalité, c'est tout le temps du plaisir», résume Geneviève Langevin. Faut dire que la notion de temps et de tâches quotidiennes perd toute importance durant ces 18 jours. D'abord, parce que personne ne porte de montre, et puis parce que le retour aux sources est au cœur du défi.
«Ça nous aide à prendre conscience des ressources», admet Étienne Robert. «Chaque chose prend du temps», ajoute Anne-Marie Dessureault. «C'est une super conscientisation de la nature, concède Vanessa Legault-Beauregard. Tout ce qu'on gaspille, il faut qu'on le traine.»
Ces étudiants doivent donc composter, creuser des trous pour leurs besoins quotidiens, et ne laisser aucune trace de leur passage dans les endroits les moins connus de l'Outaouais, mais souvent les plus pittoresques.
«On dort à temps perdu», laisse d'ailleurs savoir Karl Tremblay-Bouliane. Heureusement, ils auront le temps de se reposer quelque peu, lors d'un "solo" de 48 heures. Pendant deux jours, chacun se retrouvera isolé en nature, dans un coin isolé, avec peu de nourriture, et surtout, tout le temps pour penser. «On va relaxer, on va se retrouver seul. On va penser à nous-mêmes et ça va faire du bien», estime Vanessa.
Leur retour en sol urbain est prévu pour le jeudi 12 juin. Leur arrivée au Cégep ne sera pas de tout repos, puisque les 42 participants devront courir du parc Jacques-Cartier jusqu'au Cégep, une ballade de 14 km.